Préparation du café vert

Avant d'être torréfié, le grain de café doit être extrait de sa cerise et séché. C'est la préparation du café vert, par voie sèche ou par voie humide. Elle conditionne la conservation du grain et une bonne part de son goût en tasse.

Cette fiche décrit le fruit du caféier, les deux grandes voies de préparation et leurs variantes, les défauts à éviter, l'étiquetage et l'histoire du procédé.

Les produits Jolivia issus de ce procédé

Fiche d'identité

CritèrePréparation du café vert
Famille de procédéTraitement post-récolte mécanique, biologique et de séchage
PrincipeRetirer la peau, la pulpe, le mucilage et la parche qui entourent la graine du caféier, puis la sécher jusqu'à une humidité stable
Matières premièresCerises mûres du caféier, surtout Coffea arabica et Coffea canephora (robusta)
Étape de la chaîneDans le pays producteur, juste après la cueillette, avant le tri, l'exportation et la torréfaction
Paramètres clésDélai entre cueillette et traitement, durée de fermentation (voie humide), épaisseur et brassage au séchage, humidité finale (environ 10 à 12 %)
Ce qui est obtenuLe café vert : des grains crus, secs, gris-vert, stables pendant plusieurs mois
Co-produitsPulpe (compost, cascara), parche, pellicule argentée, eaux de lavage à épurer
Textes de référenceNormes ISO sur le café vert (ISO 10470, ISO 6673, ISO 9116), règlement (UE) 2023/915, Codex CXC 69-2009, règlement (UE) 1169/2011

Le principe

Le grain de café est la graine d'un fruit rouge ou jaune, la cerise. Chaque cerise contient en général deux graines, collées face à face. Autour d'elles se superposent plusieurs couches : la peau, la pulpe sucrée, une couche gluante appelée mucilage, une enveloppe parcheminée appelée parche, et enfin une fine pellicule argentée.

Préparer le café vert, c'est retirer ces couches et sécher la graine. Deux grandes voies existent. Dans la voie sèche, on sèche la cerise entière, puis on casse l'enveloppe sèche. Dans la voie humide, on retire la peau et la pulpe dès la récolte, on élimine le mucilage par une fermentation, on lave, puis on sèche le grain encore dans sa parche.

La fermentation de la voie humide est l'œuvre de levures et de bactéries, et d'enzymes du fruit. Elles dégradent les pectines du mucilage, qui se détache alors à l'eau. Dans la voie sèche, des fermentations ont aussi lieu, plus lentement, dans la cerise en train de sécher. Les sucres et les acides de la pulpe peuvent alors marquer le goût du grain.

Le séchage est l'étape critique commune. Il fait passer le grain d'environ 55 à 65 % d'eau à environ 10 à 12 %. En dessous, le grain devient cassant et perd de son arôme. Au-dessus, il risque de moisir pendant le stockage et le transport.

Les étapes, du végétal au produit

1. Cueillette

Les cerises sont cueillies à la main, une à une quand elles sont mûres, ou par égrappage de la branche entière, voire à la machine sur les grandes exploitations. La cueillette sélective donne des lots plus réguliers, car les cerises vertes ou trop mûres apportent des défauts de goût. Le traitement doit commencer le jour même, pour éviter que les cerises ne fermentent en tas.

2. Tri et flottaison

Les cerises sont versées dans un bassin d'eau. Les cerises mûres et pleines coulent. Les cerises sèches, abîmées ou vides flottent et sont retirées. On élimine aussi les feuilles, les brindilles et les pierres. Ce tri sert aussi bien à la voie humide qu'à la voie sèche.

3. Voie sèche : séchage de la cerise entière

Les cerises entières sont étalées en couche mince sur des aires cimentées, des bâches ou des lits surélevés, et retournées plusieurs fois par jour. Le séchage dure généralement de deux à quatre semaines selon le climat. La cerise devient brune, puis noire et dure. On parle de café « nature » ou « naturel ». Cette voie demande peu d'eau et reste courante dans les régions sèches.

4. Voie humide : dépulpage

Les cerises passent dans une dépulpeuse, qui presse le fruit contre une surface rugueuse ou perforée. La peau et la pulpe sont arrachées. Les graines, encore couvertes de mucilage et de parche, sortent d'un autre côté. Le réglage doit éviter de blesser les grains.

5. Voie humide : fermentation et lavage

Les grains gluants sont placés dans des bacs, avec ou sans eau, pendant environ 12 à 48 heures selon la température et l'altitude. Le mucilage se dégrade. Le producteur vérifie la fin en frottant quelques grains : ils doivent crisser et ne plus coller. On lave ensuite à grande eau, dans des canaux où les grains sont aussi triés par densité. Certaines exploitations retirent le mucilage mécaniquement, sans fermentation, ce qui économise de l'eau. Le résultat s'appelle café « lavé ».

6. Séchage du café en parche

Le café lavé, encore dans sa parche, est séché au soleil sur des aires ou des lits, en une à trois semaines, ou dans des séchoirs rotatifs à air chaud. Le séchage doit être régulier : un grain séché trop vite se fend, un grain séché trop lentement peut moisir. On vise environ 10 à 12 % d'humidité. Le café repose ensuite quelques semaines en parche, pour que son humidité s'homogénéise.

7. Décorticage ou déparchage

Juste avant l'exportation, une décortiqueuse retire l'enveloppe sèche de la cerise, dans la voie sèche, ou la parche, dans la voie humide. Une partie de la pellicule argentée part aussi. Certains lots sont polis pour un aspect plus net.

8. Calibrage, tri et ensachage

Les grains sont calibrés sur des cribles numérotés, triés par densité sur des tables vibrantes, puis par couleur, à la machine et souvent à la main. On retire les grains noirs, aigres, brisés, piqués par les insectes. Le café vert est ensaché en sacs de jute, parfois doublés d'un sac étanche, et expédié. La torréfaction se fera, le plus souvent, dans le pays de consommation.

Paramètres et contrôles qualité

La qualité d'un café vert se juge à ses défauts, à son humidité et à son goût après une torréfaction d'essai. La norme ISO 10470 présente un tableau de référence des défauts du café vert. La norme ISO 6673 décrit la mesure de la perte de masse à 105 °C, qui sert à estimer l'humidité. La norme ISO 9116 donne des lignes directrices pour rédiger les spécifications d'un lot.

DéfautOrigine probableEffet en tasse
Grain noirCerise tombée au sol, séchage ratéGoût terreux, moisi
Grain aigre, brun-rougeFermentation trop longue, cerises gardées en tasGoût aigre, vinaigré
Grain immature, pâleCerises cueillies vertesGoût herbacé, astringent
Grain piquéInsectes, en particulier le scolyte du caféierGoût sale, porte d'entrée des moisissures
Grain brisé ou écraséDépulpage ou décorticage mal régléTorréfaction irrégulière
Grain moisiHumidité trop élevée au stockageGoût de moisi, risque d'ochratoxine A
Corps étrangersPierres, bois, métalDanger physique, usure des moulins

L'ochratoxine A est la contamination la plus surveillée. Elle est produite par certaines moisissures quand le séchage est lent ou le stockage humide. Le règlement (UE) 2023/915 fixe des teneurs maximales pour le café torréfié en grains ou moulu et pour le café soluble. Le Codex Alimentarius a publié un code d'usages dédié à la prévention de cette contamination dans le café (CXC 69-2009). Il insiste sur la rapidité du traitement après cueillette et sur la maîtrise de l'humidité.

Les eaux de la voie humide, chargées en matières organiques, doivent être épurées avant rejet. C'est un enjeu environnemental important dans les régions productrices. La traçabilité relie chaque sac à son lot, à sa station de lavage et souvent à sa coopérative.

Ce que le procédé change pour le produit

La voie de préparation laisse une empreinte nette sur le goût. Un café lavé présente en général une tasse propre, une acidité vive et des arômes précis. Un café nature, séché dans sa cerise, a souvent plus de corps et des notes fruitées, parfois vineuses, mais il est plus irrégulier. Les voies intermédiaires se situent entre les deux.

Le café vert lui-même a peu d'arômes de café. Il sent le végétal, le foin, parfois le pois. Les arômes grillés, chocolatés ou caramélisés naissent à la torréfaction, à partir des sucres, des acides et des protéines que la préparation a préservés. Un café vert en grains vendu tel quel sert à torréfier soi-même ou à préparer des infusions de grains crus, au goût herbacé.

La couleur du grain vert varie du bleu-vert au jaune pâle. Un café lavé est souvent plus vert et plus uniforme. Un café nature tire vers le jaune ou le brun clair.

La conservation est l'atout du café vert. Bien séché et stocké au sec, il se garde bien plus longtemps que le café torréfié, qui perd vite ses arômes. C'est pourquoi le café voyage vert et n'est torréfié qu'à destination. Pour les cafés moulus aromatisés, l'arôme est ajouté après la torréfaction. La qualité du grain de départ reste pourtant la base du goût en tasse.

Variantes et procédés voisins

La préparation du café rappelle la fermentation du cacao : une graine entourée de pulpe, des micro-organismes, puis un séchage. Mais pour le café, la fermentation sert surtout à nettoyer le grain, alors que pour le cacao elle transforme l'intérieur de la fève. La suite passe par la torréfaction et le broyage.

VoieÉtapes principalesEau utiliséeProfil en tasse
Sèche (nature)Séchage de la cerise entière, puis décorticageTrès peuCorps, notes fruitées, plus irrégulier
Humide (lavé)Dépulpage, fermentation, lavage, séchage en parche, déparchageBeaucoupTasse nette, acidité vive
Semi-lavée ou « honey »Dépulpage, séchage avec tout ou partie du mucilagePeuDouceur, corps, entre les deux
Démucilage mécaniqueDépulpage, retrait mécanique du mucilage, séchageRéduiteProche du lavé
Décorticage humideDéparchage d'un grain encore humide, puis séchage finalMoyenneCorps épais, notes terreuses, pratiqué en Indonésie
Fermentations contrôléesLevures choisies, cuves fermées, durées maîtriséesVariableProfils aromatiques recherchés, plus marqués

Étiquette et réglementation

Pour un café vendu au consommateur, l'étiquette suit le règlement (UE) 1169/2011 : dénomination, quantité nette, date de durabilité minimale, conditions de conservation, nom de l'exploitant. Le pays d'origine doit être exact quand il est indiqué, par exemple « café vert du Pérou ». La mention de l'espèce, « arabica » ou « robusta », doit être loyale. « 100 % arabica » ne tolère pas de mélange.

La voie de préparation, « lavé » ou « nature », n'est pas une mention obligatoire. Elle figure souvent sur les cafés de spécialité, parce qu'elle informe sur le goût. Elle doit alors être vraie.

Pour un café aromatisé, l'arôme figure dans la liste des ingrédients et suit le règlement (CE) 1334/2008. Le mot « naturel » n'est permis que dans les conditions de son article 16. Voir la page arôme naturel.

La cascara, pulpe séchée de la cerise, n'avait pas d'historique de consommation significatif en Europe. Sa mise sur le marché passe par le cadre des nouveaux aliments du règlement (UE) 2015/2283. En bio, le règlement (UE) 2018/848 couvre la culture, la préparation et le transport, et le logo européen ne peut figurer que sur un produit certifié.

Un peu d'histoire

Le caféier arabica est originaire des forêts d'altitude d'Éthiopie. La boisson se répand au XVe siècle au Yémen, où les cerises sont séchées au soleil, selon une voie sèche encore pratiquée. Le port de Moka exporte alors le café vers l'Empire ottoman puis vers l'Europe.

Au XVIIe et au XVIIIe siècle, les Hollandais cultivent le caféier à Java, et les Français aux Antilles et à l'île Bourbon. Le caféier gagne ensuite le Brésil, qui deviendra le premier producteur mondial. Dans les plantations, les besoins d'un café plus régulier et plus présentable favorisent le développement de la voie humide et des premières machines à dépulper.

Au XXe siècle, les normes internationales et les organisations du secteur codifient les défauts et l'humidité. Depuis les années 2000, le mouvement des cafés de spécialité remet en avant les voies de préparation comme un élément du goût, au même titre que la variété ou l'altitude.

Idées reçues

« Le café vert est une autre plante que le café noir. » C'est le même grain. Le café vert est simplement la graine préparée et séchée, avant torréfaction.

« La fermentation du café, c'est pour lui donner de l'alcool. » Dans la voie humide, elle sert surtout à détacher le mucilage. Bien menée, elle ne laisse aucun goût d'alcool. Trop longue, elle crée au contraire des défauts aigres.

« Un café nature est un café moins travaillé. » La voie sèche semble simple, mais elle demande beaucoup de surveillance pendant le séchage. Un café nature de qualité est souvent plus exigeant qu'un café lavé.

Questions fréquentes

Peut-on torréfier du café vert à la maison ?

Oui, dans une poêle épaisse, au four ou avec un petit torréfacteur. Il faut remuer sans cesse et surveiller la couleur et le premier craquement. La pièce doit être bien aérée, car la torréfaction dégage de la fumée et des pellicules.

Comment conserver du café vert ?

Dans un endroit sec, frais et à l'abri de la lumière, dans un sac respirant ou un contenant fermé. Évitez le réfrigérateur, trop humide. Le café vert garde sa qualité bien plus longtemps que le café torréfié.

Pourquoi le café vert n'a-t-il pas l'odeur du café ?

Les arômes du café se forment pendant la torréfaction. Le grain vert contient les précurseurs de ces arômes, mais il sent surtout le végétal.

Que veut dire « café lavé » sur un paquet ?

Que le café a été préparé par voie humide : dépulpage, fermentation, lavage, puis séchage. C'est une information sur le goût probable, en général net et acidulé.

Les cafés arabica sont-ils tous lavés ?

Non. Beaucoup d'arabicas sont lavés, notamment en Amérique latine et en Afrique de l'Est, mais le Brésil et l'Éthiopie produisent aussi de grandes quantités d'arabica nature.

Qu'est-ce que la pellicule qu'on trouve parfois dans le café moulu ?

C'est la pellicule argentée, une fine peau qui entoure le grain. Une partie reste après la préparation et se détache à la torréfaction. Elle est sans conséquence sur la qualité.

Le café aromatisé est-il préparé différemment ?

Non, la préparation du grain vert est la même. L'arôme est ajouté après la torréfaction, sur des grains ou une mouture.

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Sources

  • ISO 10470, Café vert, tableau de référence des défauts.
  • ISO 6673, Café vert, détermination de la perte en masse à 105 °C.
  • ISO 9116, Café vert, lignes directrices sur les méthodes de spécification.
  • Codex Alimentarius, Code d'usages pour la prévention et la réduction de la contamination du café par l'ochratoxine A (CXC 69-2009).
  • Règlement (UE) 2023/915 de la Commission concernant les teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires.
  • Organisation internationale du café, documentation sur la qualité du café vert et les méthodes de préparation.
  • Wintgens J. N. (dir.), Coffee: Growing, Processing, Sustainable Production, Wiley-VCH.

Fiche rédigée par Jolivia à partir de la documentation technique et réglementaire citée, mise à jour en septembre 2026. Elle décrit le procédé tel qu'il est pratiqué en général, pas la fabrication d'un produit en particulier. L'étiquette du produit fait foi pour la composition, le conseil d'utilisation et les précautions d'emploi. Ces informations ne constituent pas un conseil médical.


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