Ail des ours séché

L'ail des ours séché provient des feuilles d'Allium ursinum, une plante des sous-bois humides d'Europe dont le froissement libère une odeur d'ail très nette. Une fois séchées puis broyées, ces feuilles printanières se conservent toute l'année sous forme de feuilles coupées, de poudre ou de gélules.

Cette fiche rassemble ce que l'on sait de la plante, de sa cueillette, de sa transformation en plante sèche, de son cadre réglementaire et de sa conservation. Elle ne traite d'aucun effet sur la santé.

Les produits Jolivia à base d'ail des ours

Fiche d'identité

CritèreAil des ours
Nom françaisAil des ours
Nom botaniqueAllium ursinum L.
Autres nomsAil sauvage, ail des bois ; Bärlauch en allemand, bear's garlic ou wild garlic en anglais
Famille botaniqueAmaryllidacées (anciennement classé parmi les Liliacées puis les Alliacées)
Partie utilisée sècheFeuille
Aspect une fois séchéeFragments de feuille vert foncé, minces et cassants ; poudre verte à l'odeur alliacée atténuée
Origine et zones de pousseEurope et ouest de l'Asie (répartition eurasiatique), en sous-bois frais et ombragés
Formes du commerceFeuilles séchées coupées, poudre, gélules, sel aromatisé, pesto (frais)
Arrêté du 24 juin 2014Inscrite à l'annexe I (partie autorisée : feuille, fleur, bulbe) ; aucune substance à surveiller ni restriction mentionnée
Produit JoliviaAil des ours Bio, 200 gélules végétales de 200 mg

Botanique et description

L'ail des ours est une plante herbacée vivace haute de 20 à 50 cm. Il passe l'été et l'hiver sous la forme d'un petit bulbe blanc et allongé, enfoui dans le sol forestier.

Les feuilles sont ovales à lancéolées, larges de 2 à 5 cm, portées par un pétiole net. La face supérieure est luisante, la face inférieure mate. Les nervures sont parallèles, comme chez la plupart des monocotylédones. C'est l'odeur, surtout, qui signe la plante : une feuille froissée dégage immédiatement une senteur d'ail.

La floraison a lieu d'avril à juin. Une tige porte une ombelle simple de petites fleurs blanches en étoile, à six tépales. Après la floraison, le feuillage jaunit et disparaît : la plante entre en repos jusqu'au printemps suivant. Elle forme souvent de vastes colonies, en tapis continu, le long des ruisseaux et dans les fonds de vallon.

Habitat

L'espèce recherche les sous-bois frais, ombragés et humides, sur des sols plutôt basiques. L'ANSES signale que l'ail des ours et le colchique partagent des milieux proches au printemps, dans l'est de la France et en Occitanie notamment.

Plantes à ne pas confondre

Avant la floraison, plusieurs plantes toxiques ressemblent à l'ail des ours : le muguet, le colchique d'automne, l'arum tacheté, l'ornithogale en ombelle ou le sceau de Salomon. Le colchique porte des feuilles rigides et charnues sans pétiole, qui semblent sortir directement du sol ; l'arum a des nervures pennées et non parallèles. Le critère le plus fiable reste l'odeur d'ail de chaque feuille froissée. Ce risque concerne la cueillette personnelle : une plante sèche du commerce passe, elle, par une identification botanique.

Cueillette et récolte

L'ail des ours est surtout récolté à l'état sauvage, mais il se cultive aussi en jardin ou en planche ombragée, à partir de bulbes ou de graines. Les feuilles apparaissent en février ou en mars ; la période de récolte des feuilles se termine avec l'apparition des premières fleurs. Les boutons floraux et les fleurs se consomment aussi, d'avril à juin, mais ils ne servent guère à la fabrication de la plante sèche.

L'ANSES rappelle les bons gestes de cueillette : ne ramasser que ce que l'on identifie avec certitude, cueillir feuille par feuille et non par poignées, vérifier l'odeur de chaque feuille et photographier sa récolte. Cueillir à la main feuille par feuille évite aussi d'arracher les bulbes et préserve la colonie.

Pour la poudre des gélules Jolivia, la fiche produit indique une feuille bio d'origine non UE, certifiée par FR-BIO-01. En bio, une récolte sauvage peut être certifiée si la zone de cueillette n'a pas reçu de produits non autorisés pendant au moins trois ans et si la cueillette ne perturbe pas la stabilité de l'habitat, comme le prévoit le règlement (UE) 2018/848.

Du végétal frais à la plante sèche

La feuille fraîche d'ail des ours est tendre, riche en eau et fragile. Comme pour la plupart des plantes aromatiques, les feuilles fraîches contiennent entre 70 et 90 % d'eau selon l'espèce ; le séchage vise à ramener ce taux autour de 12 % pour stabiliser la matière. Les étapes décrites ci-dessous sont celles de la filière des plantes sèches en général ; la fiche du produit Jolivia ne précise pas le procédé exact suivi pour sa poudre.

Tri et lavage

Dès la récolte, les feuilles sont triées pour écarter les feuilles jaunies, abîmées, les débris de sol et, surtout, toute feuille d'une autre espèce. Dans une colonie d'ail des ours, l'arum ou le muguet peuvent pousser en mélange : ce tri visuel et olfactif est une étape clé. Un lavage à l'eau est possible pour retirer la terre, suivi d'un essorage, car l'eau de surface ralentit le séchage et peut faire noircir les feuilles.

Séchage

Les feuilles sont étalées en couche mince sur des claies grillagées, dans un séchoir fermé et ventilé, à l'abri de la lumière directe. Les fiches techniques des filières de plantes à parfum, aromatiques et médicinales recommandent, pour les feuilles sensibles comme la menthe ou la mélisse, une température de 35 à 45 °C au maximum, afin d'éviter le noircissement et la perte des composés odorants. Le séchage suit trois phases : mise en température, évaporation rapide de l'eau libre, puis évaporation lente, la plus longue. Il ne devrait pas dépasser cinq jours au total.

La feuille d'ail des ours est large et plate : couper grossièrement les feuilles avant séchage multiplie les surfaces d'échange et raccourcit la durée. Une partie des composés soufrés volatils se perd pendant l'opération ; la feuille sèche garde une odeur alliacée, mais moins marquée que la feuille fraîche.

Coupe et broyage

Une fois sèches et cassantes, les feuilles sont soit coupées en fragments de quelques millimètres pour un usage en aromate, soit broyées en poudre. Le broyage se fait dans un broyeur à couteaux ou à marteaux, suivi d'un tamisage qui fixe la finesse de la poudre. Une poudre fine et homogène se dose et se met en gélule plus facilement. Le broyage chauffe la matière : les ateliers limitent la montée en température pour préserver l'odeur.

Mise en gélule

Pour la mise en gélule, la poudre est répartie par une gélulière dans des enveloppes de taille adaptée. La fiche Jolivia indique une enveloppe en hydroxypropylméthylcellulose (HPMC), un dérivé de la cellulose d'origine végétale, et aucun autre ingrédient que la poudre de feuille. Chaque gélule contient 200 mg de poudre ; la fiche indique « Pour 3 gélules : ail des ours 600 mg ».

Contrôles qualité

Une plante sèche destinée à l'alimentation fait l'objet de plusieurs contrôles :

  • identification botanique (aspect macroscopique et microscopique, parfois profil chimique), qui écarte les confusions avec des espèces toxiques ;
  • recherche de contaminants réglementés : métaux lourds, hydrocarbures aromatiques polycycliques, alcaloïdes pyrrolizidiniques ;
  • analyses microbiologiques (levures, moisissures, germes pathogènes) ;
  • recherche de résidus de pesticides, que la certification bio rend encore plus stricte ;
  • mesure de l'humidité résiduelle et contrôle de la masse des gélules.

Conditionnement et stockage

La plante sèche craint l'humidité, la lumière, la chaleur et les insectes. Les filières la stockent dans des sacs alimentaires fermés, dans un local propre où l'humidité relative de l'air ne dépasse pas 50 %. Les gélules Jolivia sont conditionnées en pot de 200 gélules.

Composition

La feuille d'ail des ours contient plusieurs familles de constituants, décrites ici sur le plan chimique uniquement :

  • composés soufrés : des sulfoxydes de cystéine comme l'alliine, qui, lorsque la feuille est écrasée, sont transformés par une enzyme en thiosulfinates comme l'allicine, à l'origine de l'odeur d'ail ; ces molécules sont volatiles et instables ;
  • flavonoïdes : des polyphénols, pigments jaunes souvent présents sous forme d'hétérosides (liés à des sucres) ;
  • tanins : des polyphénols capables de se lier aux protéines, responsables d'une légère astringence ;
  • chlorophylles : les pigments verts, qui donnent sa couleur à la poudre et se dégradent à la lumière.

Dans la plante vivante, les composés soufrés et les polyphénols participent à la défense contre les herbivores et les parasites. La teneur en composés soufrés de la feuille sèche est plus faible que celle de la feuille fraîche.

Cadre réglementaire

Dans les compléments alimentaires

Les compléments alimentaires relèvent de la directive 2002/46/CE, transposée en France par le décret n° 2006-352 du 20 mars 2006. L'arrêté du 24 juin 2014 fixe la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans ces produits. Allium ursinum L. y figure, famille des Amaryllidacées, avec trois parties autorisées : feuille, fleur et bulbe. Aucune substance à surveiller ni restriction n'est indiquée pour cette espèce.

L'étiquette d'un complément alimentaire doit porter des mentions obligatoires : la dénomination « complément alimentaire », le nom des catégories de nutriments ou substances, la portion journalière recommandée, l'avertissement de ne pas la dépasser, la mention indiquant que le produit ne remplace pas une alimentation variée, et celle de le tenir hors de portée des enfants.

Comme aromate

Les feuilles séchées vendues pour la cuisine sont des denrées alimentaires ordinaires, soumises aux règles générales d'hygiène et d'étiquetage.

En bio

Le règlement (UE) 2018/848 encadre la production biologique, y compris la cueillette de plantes sauvages. Le code de l'organisme certificateur (ici FR-BIO-01) figure sur l'étiquette, avec l'origine des matières premières agricoles (UE, non UE ou UE/non UE).

Utilisation

En cuisine, l'ail des ours séché s'emploie comme un aromate : une pincée de feuilles coupées ou de poudre dans une omelette, une sauce, une pâte à tarte, un beurre composé ou une soupe. Ajoutez-le de préférence en fin de cuisson, car la chaleur prolongée atténue son parfum. Une poudre mélangée à du gros sel donne un sel aromatisé. La feuille sèche ne remplace pas la feuille fraîche dans un pesto : sa texture et son intensité sont différentes.

L'ail des ours séché se prête peu à l'infusion : son goût alliacé convient mieux à un bouillon qu'à une tisane.

Pour les gélules, suivez le conseil d'utilisation de la fiche : « Prendre 2 à 3 gélules par jour avec un grand verre d'eau au cours des repas ».

FormePréparationUsage
Feuilles séchées coupéesÀ parsemer, ou à réhydrater quelques minutes dans un liquide chaudOmelettes, sauces, soupes, fromages frais
PoudreÀ incorporer directement, en petite quantitéPâtes, pains, beurres, sels aromatisés
Gélules JoliviaAucune préparation2 à 3 gélules par jour avec un grand verre d'eau au cours des repas

Conservation et précautions

Conservez l'ail des ours séché dans un contenant hermétique, au sec, à l'abri de la lumière et de la chaleur. La poudre perd son parfum plus vite que les feuilles coupées, car sa surface d'échange avec l'air est plus grande. Refermez bien le pot de gélules après usage.

La fiche des gélules Jolivia indique les précautions suivantes : « Déconseillé aux personnes sous traitement anticoagulant » et « Complément alimentaire, ne peut être substitué à un régime alimentaire varié et équilibré. A conserver à l'abri de la lumière, de la chaleur et de l'humidité ». Respectez la dose indiquée. Si vous suivez un traitement médical, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de consommer un complément alimentaire.

Pour la cueillette personnelle, appliquez les conseils de l'ANSES : en cas de doute sur une plante consommée, contactez un centre antipoison.

Histoire et culture

Le nom botanique Allium ursinum associe le latin allium, l'ail, et ursinum, « de l'ours », dérivé d'ursus. Une tradition populaire raconte que les ours, au sortir de l'hibernation, se nourrissent de ces feuilles, qui sont parmi les premières à verdir en forêt. Le nom allemand Bärlauch et le nom anglais bear's garlic reprennent la même image.

En cuisine, ses feuilles se mangent crues en salade, en pesto ou en soupe, cuites comme des épinards, ou séchées comme épice ; ses boutons floraux se consomment aussi. En France, la cueillette de l'ail des ours est devenue un rendez-vous de printemps, ce qui explique les campagnes de prévention répétées de l'ANSES sur les confusions.

Comparaison des formes

FormePréparationConservationGoût et odeur
Feuille fraîcheAucune, à laverQuelques jours au réfrigérateurAil intense
Feuille séchée coupéeÀ parsemer ou réhydraterPlusieurs mois en pot ferméAil atténué, note herbacée
PoudreÀ doser en pincéesPlus sensible à l'air et à l'humiditéAil atténué
GéluleAucuneLongue, pot fermé à l'abri de la lumièreGoût masqué par l'enveloppe
Extrait ou teinture mèreDilution selon l'étiquetteLongue grâce au solvant (eau, alcool, glycérine)Goût concentré ; composition différente de la plante entière

Pour aller plus loin

D'autres feuilles séchées ont leur fiche : la feuille d'ortie, autre plante de cueillette printanière, la feuille d'olivier ou le moringa, lui aussi vendu en poudre. Pour une autre plante mise en gélule à partir de la feuille, consultez la fiche de l'artichaut.

Côté produits, retrouvez l'Ail des ours Bio en gélules végétales de 200 mg et sa fiche complète avec la liste d'ingrédients.

Questions fréquentes

Quelle partie de l'ail des ours utilise-t-on sèche ?

On utilise la feuille. Les gélules Jolivia contiennent de la poudre de feuille d'ail des ours bio (Allium ursinum L.).

Quand récolte-t-on les feuilles d'ail des ours ?

Les feuilles apparaissent en février ou en mars. La récolte se termine quand les premières fleurs apparaissent, en général en avril ou en mai selon l'altitude et la région.

L'ail des ours séché a-t-il le même goût que l'ail des ours frais ?

Non. Le séchage fait perdre une partie des composés soufrés volatils. La feuille sèche garde une odeur d'ail, mais plus douce et plus herbacée que la feuille fraîche.

Comment ne pas confondre l'ail des ours avec une plante toxique ?

Froissez chaque feuille : seule celle de l'ail des ours sent l'ail. Le colchique a des feuilles rigides sans pétiole, l'arum des nervures pennées. L'ANSES conseille de cueillir feuille par feuille et de ne ramasser que ce que l'on connaît avec certitude.

L'ail des ours est-il autorisé dans les compléments alimentaires ?

Oui. Allium ursinum L. figure dans l'arrêté du 24 juin 2014, pour la feuille, la fleur et le bulbe, sans restriction mentionnée.

Que contient une gélule Jolivia d'ail des ours ?

200 mg de poudre de feuille d'ail des ours bio, d'origine non UE, dans une enveloppe en hydroxypropylméthylcellulose. Le pot contient 200 gélules.

Qui doit éviter les gélules d'ail des ours ?

La fiche indique que le produit est déconseillé aux personnes sous traitement anticoagulant. En cas de traitement médical, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Comment conserver l'ail des ours séché ?

Dans un contenant hermétique, au sec, à l'abri de la lumière et de la chaleur. La poudre perd son parfum plus vite que les feuilles coupées.

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Sources

  • Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans les compléments alimentaires et les conditions de leur emploi (annexe I)
  • Wikipédia, article « Ail des ours »
  • ANSES, « Gare aux confusions entre colchique et ail des ours »
  • Inter Bio Corse, fiche technique « Séchage des plantes aromatiques et médicinales »
  • Directive 2002/46/CE relative aux compléments alimentaires
  • Décret n° 2006-352 du 20 mars 2006 relatif aux compléments alimentaires
  • Règlement (UE) 2018/848 relatif à la production biologique
  • Fiche produit Jolivia « Ail des ours Bio - 200 gélules végétales de 200 mg »

Fiche rédigée par Jolivia à partir des fiches produits et des sources citées, mise à jour en septembre 2026. L'étiquette du produit fait foi pour la composition, le conseil d'utilisation et les précautions d'emploi. Ces informations ne constituent pas un conseil médical.


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