Harpagophytum

L'harpagophytum, ou griffe du diable, est une plante vivace des sables du Kalahari dont on récolte les tubercules secondaires, coupés puis séchés. Il appartient à la famille des Pédaliacées, celle du sésame, et doit son nom aux crochets de ses fruits.

Cette fiche décrit la plante, sa récolte en Afrique australe, le passage de la racine fraîche à la racine sèche, à la poudre et à la tisane, sa composition, son cadre réglementaire et les précautions indiquées sur les produits. Elle ne traite d'aucun effet sur la santé.

Les produits Jolivia à base d'harpagophytum

Fiche d'identité

CritèreHarpagophytum
Nom françaisHarpagophytum, harpagophyton, griffe du diable
Nom botaniqueHarpagophytum procumbens (Burch.) DC. et Harpagophytum zeyheri Decne.
Autres nomsRacine de Windhoek ; devil's claw ou grapple plant en anglais ; duiwelsklou en afrikaans ; sengaparile ; kamangu en Namibie
Famille botaniquePédaliacées (famille du sésame)
Partie utiliséeTubercules secondaires (racines de réserve), appelés « organes souterrains » dans l'arrêté du 24 juin 2014
Aspect une fois séchéRacine coupée en morceaux ou en tranches ; poudre pour les gélules et les comprimés
Origine et zones de récolteNamibie, Botswana et Afrique du Sud (Kalahari) pour H. procumbens ; nord de la Namibie et sud de l'Angola pour H. zeyheri
Formes du commerceRacine coupée pour tisane, poudre, gélules, comprimés, extraits
Arrêté du 24 juin 2014Harpagophytum procumbens (Burch.) DC. et Harpagophytum zeyheri Decne. inscrits à l'annexe I (partie autorisée : organes souterrains) ; substances à surveiller : iridoïdes ; aucune restriction mentionnée
Produits Joliviagélules de 330 mg, comprimés de 400 mg et racine coupée en tisane

Botanique et description

L'harpagophytum est une plante herbacée vivace. Chaque année, après les premières pluies, elle produit des tiges rampantes de 1,5 à 2 m qui s'étalent sur le sable. Ces tiges meurent pendant la sécheresse ou après les gelées ; la plante survit alors grâce à ses organes souterrains.

Les feuilles, le plus souvent opposées, sont découpées en lobes irréguliers et couvertes de poils glanduleux. Les fleurs, en forme de trompette, mesurent jusqu'à 6,5 cm de long. Leur couleur va du rose pâle au pourpre ou au rouge velouté, avec une gorge souvent jaunâtre ; il existe aussi des fleurs entièrement jaunes ou blanches. En Afrique du Sud, la floraison s'étale surtout de novembre à avril.

Le fruit donne son nom à la plante. C'est une capsule ligneuse et aplatie, verte puis pourpre et enfin beige-brun, qui peut atteindre 15 cm. Elle porte deux épines centrales et deux rangées de 12 à 16 bras cornés terminés par des crochets. Elle contient jusqu'à 48 graines de 7 à 8 mm, qui peuvent rester vivantes dans le sol plus de 20 ans.

Sous terre, la plante forme une racine principale profonde, le tubercule primaire, qui persiste d'année en année. De cette racine partent des racines charnues qui se renflent en tubercules secondaires, longs de 25 cm et larges de 6 cm au plus. Ce sont ces tubercules secondaires que l'on récolte. Selon Wikipédia en français, les organes souterrains représentent jusqu'à 90 % du poids de la plante.

Deux espèces sont commercialisées : Harpagophytum procumbens, la plus courante, et Harpagophytum zeyheri. L'épithète procumbens signifie « couché », en référence aux tiges étalées sur le sol.

Récolte dans le Kalahari

L'harpagophytum pousse dans les régions arides d'Afrique australe, sur des sables profonds pauvres en éléments nutritifs, là où il tombe seulement 150 à 300 mm de pluie par an. On le trouve dans la savane du Kalahari, en plaine, au pied des dunes et entre elles. La Namibie fournit environ 90 % de la racine exportée, selon Wikipédia en allemand.

La plante est surtout récoltée à l'état sauvage. Selon le programme ABS Biotrade, 10 000 à 15 000 cueilleurs, souvent issus de communautés rurales isolées de Namibie, du Botswana et d'Afrique du Sud, en tirent un revenu. Les cueilleurs creusent le sol pour dégager les tubercules secondaires. La règle de récolte durable consiste à laisser en terre la racine principale, qui repousse ensuite.

La plante est protégée dans les trois pays où elle pousse : la récolte et l'exportation y sont soumises à des permis. En Namibie, elles relèvent notamment de l'ordonnance de 1975 sur la conservation de la nature et d'une loi de 2017 sur l'accès aux ressources biologiques. Une proposition d'inscription de l'harpagophytum à l'annexe II de la CITES a été retirée après la mise en place de ces mesures.

La culture reste limitée. L'Institut national sud-africain de la biodiversité (SANBI) décrit une première récolte au bout de quatre ans, d'environ 2 kg de tubercules frais, soit environ 0,3 kg de tubercules secs, par plante.

Les trois produits Jolivia sont issus de l'agriculture biologique. Les fiches des gélules et des comprimés indiquent une origine « non UE » ; la fiche de la tisane ne précise pas l'origine.

Du tubercule frais à la racine sèche

Les étapes ci-dessous décrivent la transformation habituelle de la racine d'harpagophytum. Les fiches Jolivia ne détaillent pas le procédé suivi pour leurs produits.

Découpe immédiate

Le tubercule frais est gorgé d'eau. Une fois sorti du sable, il moisit et pourrit vite s'il n'est pas traité. Les cueilleurs le coupent donc aussitôt en tranches ou en petits morceaux. La Pharmacopée européenne définit d'ailleurs la drogue comme la racine secondaire tubérisée, « coupée et séchée ».

Séchage

Les tranches sont ensuite séchées. Le rendement est faible : d'après les chiffres de culture du SANBI, environ 2 kg de tubercules frais donnent 0,3 kg de racine sèche, soit un rapport de l'ordre de 7 pour 1.

Tri et coupe pour la tisane

La racine sèche est triée pour écarter le sable, les cailloux et les morceaux abîmés. Pour la tisane, elle est recoupée en fragments réguliers, adaptés à une décoction. La tisane Jolivia indique « Racine d'harpagophytum Bio (100 %) », sans autre ingrédient.

Broyage et poudre

Pour les gélules et les comprimés, la racine sèche est réduite en poudre. Selon Wikipédia en français, elle peut être cryobroyée, c'est-à-dire broyée à très basse température. Un tamisage fixe ensuite la finesse de la poudre, ce qui compte pour un remplissage régulier des gélules et pour la compression.

Mise en gélule et compression

Les gélules Jolivia contiennent 330 mg de poudre de racine chacune ; leur enveloppe est en hydroxypropylméthylcellulose (HPMC), un dérivé de cellulose d'origine végétale. La fiche ne mentionne aucun autre ingrédient.

Les comprimés Jolivia pèsent 400 mg. Leur fiche indique : « Harpagophytum Bio (Harpagophytum procumbens) en poudre (origine non UE), anti-agglomérant : carbonate de magnésium ». La fiche donne 1 200 mg d'harpagophytum pour 3 comprimés.

Contrôles qualité

  • identification botanique de la racine et distinction entre H. procumbens et H. zeyheri, dont les profils chimiques diffèrent ;
  • dosage de l'harpagoside : la Pharmacopée européenne exige au moins 1,2 % dans la drogue séchée ;
  • recherche de sable et d'éléments étrangers, fréquents pour une racine sortie de terre ;
  • analyses microbiologiques et recherche de moisissures ;
  • recherche de contaminants (métaux lourds, mycotoxines) et de résidus de pesticides, exigée en bio ;
  • contrôle de l'humidité et de la masse des gélules ou des comprimés.

Conditionnement et stockage

La racine coupée est conditionnée en sachet de 300 g ; les gélules et les comprimés en pots de 200 unités. Tous se conservent au sec et à l'abri de la lumière.

Composition

Le rapport d'évaluation de l'Agence européenne des médicaments (EMA) décrit la composition des racines secondaires. Les constituants sont présentés ici sur le plan chimique uniquement :

  • sucres : environ 51 % de la racine sèche, surtout du stachyose, un tétrasaccharide, qui peut atteindre 46 %, ainsi que du raffinose, du saccharose et des monosaccharides ;
  • iridoïdes glycosylés : 0,5 à 3 % au total, dont l'harpagoside (0,8 à 3,0 % chez H. procumbens, 0,7 à 1,7 % chez H. zeyheri) et le 8-p-coumaroylharpagide ;
  • glycosides phénoliques (phényléthanoïdes) : actéoside, aussi appelé verbascoside, et isoactéoside ;
  • triterpènes : acide oléanolique, acide 3β-acétyloléanolique, acide ursolique ;
  • phytostérols, dont le β-sitostérol ;
  • acides aromatiques, comme l'acide cinnamique et l'acide caféique, et flavonoïdes.

Les deux espèces se distinguent par leur chimie : chez H. zeyheri, le 8-p-coumaroylharpagide représente plus de 31 % de la teneur en harpagoside, contre moins de 10 % chez H. procumbens. Les tubercules secondaires contiennent environ deux fois plus d'harpagoside que le tubercule primaire.

Cadre réglementaire

Dans les compléments alimentaires

La directive 2002/46/CE et, en France, le décret n° 2006-352 du 20 mars 2006 encadrent les compléments alimentaires. L'arrêté du 24 juin 2014 fixe la liste des plantes autorisées. Harpagophytum procumbens (Burch.) DC. et Harpagophytum zeyheri Decne. y figurent à l'annexe I, sous les noms d'harpagophyton et de griffe du diable, pour leurs organes souterrains. L'arrêté désigne les iridoïdes comme substances à surveiller et ne mentionne pas de restriction d'emploi.

L'étiquette d'un complément alimentaire porte des mentions obligatoires : la dénomination « complément alimentaire », les catégories de substances qui le caractérisent, la portion journalière recommandée, l'avertissement de ne pas la dépasser, la mention indiquant qu'il ne se substitue pas à un régime alimentaire varié et celle de le tenir hors de portée des jeunes enfants.

En tisane

Vendue en sachet, la tisane d'harpagophytum est une denrée alimentaire. Elle suit les règles générales d'étiquetage des aliments.

En bio

Le règlement (UE) 2018/848 encadre la production biologique, y compris la cueillette de plantes sauvages et les importations de pays tiers. Les gélules et les comprimés portent le code FR-BIO-01, la tisane le code FR-BIO-09.

Utilisation

Préparer une décoction

Une racine dure se prépare en décoction plutôt qu'en simple infusion : on la fait frémir dans l'eau pour en extraire les constituants. La fiche de la tisane Jolivia indique : « Faire frémir 2 cuillères à café (soit environ 20 g) de tisane dans 50 cl d'eau pendant 10 minutes minimum. Boire une tasse de tisane après chaque repas. » Filtrez ensuite la préparation avant de la boire.

Gélules et comprimés

Suivez le conseil d'utilisation des fiches :

  • gélules : « Prendre 3 à 4 gélules par jour durant les repas, avec un grand verre d'eau » ;
  • comprimés : « Prendre 2 à 3 comprimés par jour durant les repas, avec un grand verre d'eau ».

L'harpagophytum n'a pas d'usage culinaire.

FormePréparationUsage indiqué par la fiche
Racine coupée (tisane)Décoction : environ 20 g dans 50 cl d'eau, 10 minutes minimumUne tasse après chaque repas
Gélules de 330 mgAucune3 à 4 gélules par jour durant les repas
Comprimés de 400 mgAucune2 à 3 comprimés par jour durant les repas

Conservation et précautions

Gardez la racine coupée dans son sachet bien refermé, et les gélules ou comprimés dans leur pot fermé. Les fiches des gélules et des comprimés indiquent : « A conserver à l'abri de la lumière, de la chaleur et de l'humidité. »

Les fiches des gélules et des comprimés précisent : « Déconseillé en cas d'ulcères (estomac ou duodénum) ou de calculs biliaires ou rénaux. » La fiche des gélules ajoute : « Réservé aux adultes ; Déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes. » Ne dépassez pas la dose journalière recommandée et tenez les produits hors de portée des enfants.

La fiche de la tisane ne mentionne pas de précaution particulière ; appliquez par prudence les mêmes précautions que pour les gélules. Si vous suivez un traitement médical, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de consommer de l'harpagophytum, quelle qu'en soit la forme.

Histoire et culture

Le nom Harpagophytum vient du grec harpagos, « crochet » ou « grappin », et phyton, « plante » : c'est la traduction directe de « plante-grappin ». Le botaniste William Burchell a décrit l'espèce pour la première fois en 1822, sous le nom d'Uncaria procumbens.

Le fruit est une adaptation au transport par les animaux. Ses crochets s'accrochent aux sabots, aux poils ou à la peau des animaux qui passent et voyagent ainsi loin de la plante. Les graines se libèrent quand les bras s'usent ou se cassent. Le nom de « griffe du diable » vient de cette capsule hérissée. En Afrique australe, les tubercules sont aussi déterrés et mangés par des porcs-épics et par de petites antilopes comme le céphalophe et le steenbok.

La récolte de la racine est une activité économique importante pour des milliers de familles rurales du Kalahari, souvent leur seul revenu monétaire. Les exportations commerciales ont commencé dans les années 1960. Selon ABS Biotrade, les cueilleurs ne perçoivent souvent qu'une petite part de la valeur finale du produit.

Comparaison des formes

FormePréparationConservationGoût
Racine coupéeDécoction de 10 minutes minimumSachet fermé, au secGoût de la racine bien présent
PoudreÀ délayer ou à mettre en géluleCraint l'humiditéGoût de la racine présent
GéluleAucuneLongue, pot ferméGoût masqué
CompriméAucuneLongue, pot ferméGoût peu perceptible
ExtraitSelon l'étiquetteLongueConcentré ; composition différente de la racine entière

Pour aller plus loin

D'autres racines séchées ont leur fiche : la racine de bardane, la racine d'ortie et la valériane. Pour une autre plante d'Afrique récoltée pour une partie ligneuse, consultez la fiche du pygeum.

Côté produits, retrouvez l'Harpagophytum Bio en gélules végétales de 330 mg, l'Harpagophytum Bio en comprimés de 400 mg et la tisane d'Harpagophytum Bio en sachet de 300 g.

Questions fréquentes

Pourquoi appelle-t-on l'harpagophytum « griffe du diable » ?

À cause de son fruit, une capsule ligneuse hérissée de bras terminés par des crochets. Le nom Harpagophytum signifie d'ailleurs « plante-grappin » en grec.

Quelle partie de la plante utilise-t-on ?

Les tubercules secondaires, des racines de réserve qui poussent autour de la racine principale. Ils sont coupés en tranches puis séchés.

D'où vient l'harpagophytum ?

Des régions sableuses et arides d'Afrique australe : Namibie, Botswana et Afrique du Sud. La Namibie fournit environ 90 % des exportations.

La récolte menace-t-elle la plante ?

La plante est protégée dans ses trois pays d'origine et sa récolte demande un permis. La règle de récolte durable consiste à laisser la racine principale en terre.

Comment préparer la tisane d'harpagophytum ?

La fiche Jolivia indique de faire frémir environ 20 g de racine, soit 2 cuillères à café, dans 50 cl d'eau pendant 10 minutes minimum, puis de boire une tasse après chaque repas.

Que contiennent les comprimés Jolivia en plus de la racine ?

La fiche cite un seul autre ingrédient : le carbonate de magnésium, utilisé comme anti-agglomérant. Chaque comprimé pèse 400 mg.

L'harpagophytum est-il autorisé dans les compléments alimentaires ?

Oui. Les deux espèces figurent à l'annexe I de l'arrêté du 24 juin 2014, pour leurs organes souterrains, avec les iridoïdes comme substances à surveiller.

Qui doit éviter les gélules d'harpagophytum ?

La fiche indique qu'elles sont réservées aux adultes, déconseillées aux femmes enceintes et allaitantes, et en cas d'ulcères (estomac ou duodénum) ou de calculs biliaires ou rénaux. En cas de traitement, demandez conseil à un professionnel de santé.

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Sources

  • Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans les compléments alimentaires et les conditions de leur emploi (annexe I)
  • Agence européenne des médicaments (EMA), rapport d'évaluation sur Harpagophytum procumbens DC. et/ou Harpagophytum zeyheri Decne., radix (parties qualité et composition)
  • SANBI, PlantZAfrica, fiche « Harpagophytum procumbens »
  • ABS Biotrade, chaîne de valeur « Devil's Claw »
  • Wikipédia : articles « Harpagophytum » (en), « Harpagophytum procumbens » (fr) et « Afrikanische Teufelskralle » (de)
  • Gondwana Collection (Namibie), article « Devil's Claw – Kalahari's Treasure »
  • Directive 2002/46/CE et décret n° 2006-352 du 20 mars 2006 relatifs aux compléments alimentaires
  • Règlement (UE) 2018/848 relatif à la production biologique
  • Fiches produits Jolivia : Harpagophytum Bio en gélules de 330 mg et en comprimés de 400 mg, Tisane d'Harpagophytum Bio

Fiche rédigée par Jolivia à partir des fiches produits et des sources citées, mise à jour en septembre 2026. L'étiquette du produit fait foi pour la composition, le conseil d'utilisation et les précautions d'emploi. Ces informations ne constituent pas un conseil médical.


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