Ortie (racine)
La racine d'ortie désigne les parties souterraines de la grande ortie, Urtica dioica : un réseau de rhizomes et de racines jaunes qui permet à la plante de coloniser le terrain. Lavée, coupée, séchée puis broyée, elle se vend surtout en poudre et en gélules.
Cette fiche décrit ces organes souterrains, la façon de les récolter, les étapes qui mènent de la racine fraîche à la poudre, leur composition, leur cadre réglementaire, leur préparation et leur conservation. Elle ne traite d'aucun effet sur la santé.
Le produit Jolivia à base de racine d'ortie
Fiche d'identité
| Critère | Racine d'ortie |
|---|
| Nom français | Grande ortie, ortie dioïque (racine) |
| Nom botanique | Urtica dioica L. |
| Autres noms | Ortie piquante ; nettle root en anglais ; Urticae radix dans la Pharmacopée européenne |
| Famille botanique | Urticacées |
| Partie utilisée | Parties souterraines : rhizomes et racines |
| Aspect une fois séchée | Fragments fibreux, durs et cassants ; poudre fibreuse |
| Origine et zones de culture | Eurasie ; régions tempérées du monde entier ; cultivée en champ, la racine étant arrachée en fin de culture |
| Formes du commerce | Racine coupée, poudre, gélules, extraits |
| Arrêté du 24 juin 2014 | Inscrite à l'annexe I (partie autorisée : parties aériennes, racine) ; aucune substance à surveiller ; restriction : l'étiquetage des compléments alimentaires contenant les parties souterraines doit comporter une mention recommandant de prendre conseil auprès d'un professionnel de santé (« Demander l'avis de votre médecin et/ou pharmacien ») |
| Produit Jolivia | Ortie racine Bio en gélules de 210 mg |
Botanique : une plante qui s'étend sous terre
La grande ortie est une vivace de la famille des Urticacées, connue pour ses feuilles dentées couvertes de poils urticants et ses tiges carrées qui dépassent souvent un mètre. Ses fleurs mâles et femelles poussent sur des pieds distincts, d'où l'épithète dioica.
La partie qui nous intéresse ici reste invisible. Selon Wikipédia, la plante développe des rhizomes traçants de quelques millimètres d'épaisseur, avec des stolons en surface et des rhizomes en profondeur. Wikipedia en anglais précise que ces rhizomes et stolons, comme les racines, sont d'un jaune vif. Chaque tronçon de rhizome porteur d'un bourgeon peut donner une nouvelle plante : c'est ainsi qu'une ortie forme des massifs denses et qu'elle reprend facilement après un désherbage incomplet.
Le terme « racine d'ortie » recouvre donc à la fois de vraies racines et des rhizomes, qui sont des tiges souterraines. La Pharmacopée européenne en tient compte : sa monographie « Urticae radix » (01/2022:2538) définit la drogue comme les parties souterraines séchées, entières ou fragmentées, d'Urtica dioica ou d'Urtica urens, de leurs hybrides ou de leurs mélanges. Le rapport de l'Agence européenne des médicaments (EMA) note que les racines d'Urtica dioica contiennent plus de lignanes que celles d'Urtica urens.
La grande ortie est nitrophile : elle prospère sur les sols riches en azote, dans les friches, au bord des chemins, près des habitations et sur les décombres. Originaire d'Eurasie, elle est aujourd'hui présente dans les régions tempérées du monde entier et très commune dans toute la France.
Culture et arrachage
Récolter une racine suppose d'arracher la plante. Pour disposer de volumes réguliers, la racine vient donc surtout de cultures. Le guide de production biologique de l'ortie dioïque publié au Québec en 2009 décrit la conduite d'une ortière :
- implantation par semis en serre, à la fin mars ou au début avril, puis plantation au champ en mai ; ou par division de rhizomes, en tronçons de 15 cm portant des bourgeons, replantés sous 5 cm de terre ;
- récolte des parties aériennes pendant les premières années, en deux à trois coupes par an ;
- récolte possible de la racine « à l'automne de la deuxième année », selon le marché visé ;
- arrachage et destruction de la culture à l'automne de la troisième ou de la quatrième année, ce qui permet aussi de récupérer des rhizomes pour replanter.
L'arrachage se fait, selon ce guide, « à l'aide d'une bêche ou d'une souleveuse mécanisée », puis on arrache les racines et on procède à leur nettoyage.
La poudre des gélules Ortie racine Bio Jolivia est d'origine UE et certifiée en agriculture biologique par FR-BIO-01. En bio, la culture se fait sans pesticides ni engrais de synthèse, selon le règlement (UE) 2018/848. Pour un organe qui pousse dans le sol, la qualité de la terre compte aussi : c'est pourquoi les contrôles portent notamment sur les métaux lourds.
De la racine fraîche à la poudre
Une racine qui sort de terre est chargée de terre et d'eau. Pour obtenir une poudre propre et stable, on la nettoie, on la coupe, on la sèche puis on la broie. Les étapes ci-dessous décrivent les pratiques courantes et les données publiées ; la fiche Jolivia ne détaille pas le procédé suivi pour sa poudre.
Secouage, lavage et brossage
Les racines arrachées sont d'abord secouées pour retirer la plus grande partie de la terre, puis débarrassées des restes de tiges et de feuilles. Le document de la filière québécoise sur le séchage à la ferme indique que les racines « seront lavées et brossées ». Le réseau de rhizomes, fin et enchevêtré, retient beaucoup de terre : le lavage doit être soigneux, souvent en plusieurs passages. On laisse ensuite égoutter pour éliminer l'eau de surface.
Découpe
Le même document précise que les racines sont « au besoin, coupées en morceaux ». Des tronçons courts et réguliers sèchent plus vite et de façon plus homogène qu'un paquet de rhizomes entiers.
Séchage
Pour les racines, ce guide de séchage retient une température maximale de 40 °C et une durée d'environ 3 à 7 jours selon l'espèce, dans un séchoir à claies grillagées où l'air circule en permanence. Il donne un test simple : « Les racines bien sèches ne doivent pas courber mais bien casser sous la pression. » L'humidité finale visée se situe en général entre 6 et 15 % selon la plante, et le plus souvent sous 10 à 12 %.
Une racine insuffisamment sèche moisit pendant le stockage ; une racine trop chauffée perd en qualité. Le séchage à température modérée est donc un compromis entre rapidité et préservation.
Broyage et tamisage
Dure et fibreuse, la racine sèche passe dans un broyeur à couteaux ou à marteaux, puis sur des tamis qui fixent la finesse de la poudre. Les fibres de la racine rendent ce broyage plus exigeant que celui d'une feuille. Une poudre fine et régulière s'écoule mieux et remplit les gélules de façon plus uniforme.
Mise en gélule
La fiche des gélules Ortie racine Bio indique deux ingrédients : la poudre de racine d'ortie bio (Urtica dioica), d'origine UE, et l'enveloppe de la gélule en hydroxypropylméthylcellulose (HPMC), un dérivé de cellulose d'origine végétale. Chaque gélule contient 210 mg de poudre, soit 630 mg pour 3 gélules. La fiche ne mentionne aucun autre ingrédient. Les machines de remplissage dosent la poudre et ferment les deux parties de l'enveloppe ; le poids des gélules est contrôlé en cours de production.
Contrôles qualité
Une poudre de racine fait l'objet de plusieurs contrôles :
- identification botanique : examen macroscopique et microscopique, profil chimique, pour confirmer l'espèce et la partie de plante ;
- recherche des matières étrangères, notamment de la terre et du sable, plus fréquents pour une racine que pour une feuille ;
- mesure de l'humidité résiduelle et des cendres ;
- recherche de contaminants : métaux lourds, mycotoxines ;
- analyses microbiologiques : flore totale, levures et moisissures, germes pathogènes ;
- recherche de résidus de pesticides, qui doivent être absents dans le cadre de la certification bio.
Conditionnement et stockage
La racine sèche et sa poudre se conservent en sacs fermés de qualité alimentaire, au sec, au frais et à l'obscurité, avec un numéro de lot qui assure la traçabilité. Les gélules Ortie racine Bio sont conditionnées en pot de 200 gélules.
Composition
Le rapport de l'EMA décrit la racine d'ortie comme une matière qui contient, outre des glucosides, des acides aminés et des minéraux, les familles de constituants suivantes, présentées ici uniquement sur le plan chimique :
- lectine : l'agglutinine d'Urtica dioica (UDA), une petite protéine monomérique qui se lie à certains sucres, présente à raison de 0,05 à 0,6 % ;
- polysaccharides : des chaînes de sucres, citées aussi par Wikipédia ;
- lignanes : des composés phénoliques formés par l'union de deux unités phénylpropane ;
- phénylpropanes, phénols et tanins ;
- stérols : des alcools à noyau stéroïde d'origine végétale ;
- céramides, acides gras hydroxylés et alcools gras : des composés de nature lipidique ;
- monoterpènes et triterpènes ;
- coumarines.
Cette composition diffère nettement de celle de la feuille, riche en chlorophylle, en flavonoïdes et en minéraux. La racine et la feuille ne sont donc pas interchangeables, même si elles viennent de la même plante.
Cadre réglementaire
Dans les compléments alimentaires
La directive 2002/46/CE encadre les compléments alimentaires dans l'Union européenne ; en France, le décret n° 2006-352 du 20 mars 2006 la transpose. L'arrêté du 24 juin 2014 fixe la liste des plantes autorisées et les conditions de leur emploi. La grande ortie et la petite ortie y figurent ainsi :
| Espèce | Famille | Noms cités | Parties autorisées | Restrictions |
|---|
| Urtica dioica L. | Urticaceae | Ortie dioïque, grande ortie | Parties aériennes, racine | L'étiquetage des compléments alimentaires contenant les parties souterraines de cette plante doit comporter une mention recommandant de prendre conseil auprès d'un professionnel de santé (« Demander l'avis de votre médecin et/ou pharmacien ») |
| Urtica urens L. | Urticaceae | Ortie brûlante, petite ortie | Parties aériennes, racine | Même mention pour les parties souterraines |
Aucune substance à surveiller n'est indiquée pour ces deux espèces. Les produits Jolivia utilisent les rhizomes et les racines ; l'annexe I mentionne la « racine » parmi les parties autorisées, et sa mention d'étiquetage vise les « parties souterraines ».
L'étiquette d'un complément alimentaire porte des mentions obligatoires : la dénomination « complément alimentaire », les catégories de substances qui le caractérisent, la portion journalière recommandée, l'avertissement de ne pas la dépasser, la mention qu'il ne remplace pas une alimentation variée et celle de le tenir hors de portée des jeunes enfants.
Racine coupée
Une racine sèche vendue coupée pour la préparation d'une boisson est une denrée alimentaire. Elle suit les règles générales d'hygiène, d'étiquetage et de teneurs maximales en contaminants.
En bio
Le règlement (UE) 2018/848 encadre la production biologique. L'étiquette indique le code de l'organisme certificateur (FR-BIO-01 pour les gélules Jolivia) et l'origine des matières premières agricoles (ici « UE »).
Utilisation
En décoction
Le rapport de l'EMA cite la racine coupée parmi les formes utilisées pour la tisane. Dure et fibreuse, elle se prépare plutôt en décoction qu'en infusion : on la met dans l'eau froide, on porte à ébullition, on laisse frémir quelques minutes puis reposer à couvert avant de filtrer. Suivez en priorité les indications de l'emballage de votre racine sèche.
En cuisine
Contrairement aux jeunes feuilles, la racine d'ortie n'a pas de place établie en cuisine. Si vous en utilisez la poudre, restez sur de petites quantités, dans une soupe ou une préparation salée.
En gélules
Pour les gélules Ortie racine Bio, la fiche Jolivia indique : « Prendre 2 à 3 gélules par jour pendant les repas, avec un grand verre d'eau. »
| Forme | Préparation | Usage |
|---|
| Racine coupée | Décoction de quelques minutes, repos, filtration | Boisson chaude |
| Poudre | Incorporée en petite quantité | Soupe ou préparation salée |
| Ortie racine Bio | Aucune | 2 à 3 gélules par jour pendant les repas, avec un grand verre d'eau |
Conservation et précautions
Gardez la racine sèche, la poudre et les gélules dans un contenant bien fermé, au sec, à l'abri de la lumière et de la chaleur. La fiche Jolivia précise : « À conserver à l'abri de la lumière, de la chaleur et de l'humidité. »
La fiche des gélules Ortie racine Bio indique ces précautions d'emploi :
- « Déconseillé en cas d'insuffisance cardiaque ou rénale œdémateuses » ;
- « Réservé aux adultes » ;
- « Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes ».
Ne dépassez pas la dose journalière indiquée. Si vous suivez un traitement médical, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant de prendre un complément alimentaire à base de plantes.
Histoire et culture
Le nom de genre Urtica vient du latin urere, « brûler » ; l'épithète dioica vient du grec et signifie « deux maisons ».
La vigueur souterraine de l'ortie a longtemps fait d'elle une plante mal aimée des cultivateurs : Wikipédia rappelle qu'elle a été considérée comme une mauvaise herbe pendant les Trente Glorieuses. Victor Hugo prenait déjà sa défense dans Les Misérables, en concluant qu'il n'y a « ni mauvaises herbes ni mauvais hommes », seulement « de mauvais cultivateurs ».
La plante a pourtant rendu bien des services. Ses tiges fournissent une fibre textile : des fragments de tissu d'ortie de l'âge du bronze, datés de 1730 à 1600 av. J.-C., ont été découverts dans une tombe du Dartmoor, en Angleterre. Dans le conte Les Cygnes sauvages (1838), Hans Christian Andersen fait tricoter à Elisa des chemises d'ortie pour délivrer ses frères changés en cygnes.
| Forme | Préparation | Conservation | Goût |
|---|
| Racine coupée | Décoction | Plusieurs mois en sachet fermé | Goût végétal |
| Poudre | À incorporer | Craint l'humidité ; bien refermer | Goût végétal, texture fibreuse |
| Gélule | Aucune | Longue, pot fermé | Goût masqué par l'enveloppe |
| Extrait sec | Selon l'étiquette | Longue | Concentré ; composition différente selon le solvant |
| Teinture mère | Gouttes à diluer | Longue, flacon fermé | Alcoolisé |
La poudre de racine contient l'ensemble de l'organe broyé, fibres comprises. Le rapport de l'EMA recense de nombreux extraits de racine, obtenus avec différents solvants, dont l'éthanol : leur composition dépend du solvant et du rapport entre plante et extrait.
Pour aller plus loin
Les parties aériennes de la même plante ont leur fiche : la feuille d'ortie. D'autres racines séchées ont aussi la leur : la racine de bardane, le pissenlit et le radis noir.
Côté produit, retrouvez l'Ortie racine Bio en pot de 200 gélules végétales ; la fiche du produit détaille la composition, le conseil d'utilisation et les précautions d'emploi.
Questions fréquentes
Qu'appelle-t-on racine d'ortie ?
Les parties souterraines de la grande ortie : ses racines et ses rhizomes, des tiges souterraines jaunes. La Pharmacopée européenne les regroupe sous le nom Urticae radix.
Quand arrache-t-on la racine d'ortie ?
En culture, un guide de production biologique situe la récolte à l'automne de la deuxième année, ou à l'arrachage de la culture la troisième ou la quatrième année.
Comment sèche-t-on la racine d'ortie ?
Lavée, brossée et coupée en morceaux, elle sèche sur claies à 40 °C au plus, pendant environ 3 à 7 jours. Une racine bien sèche casse net au lieu de plier.
Que contient une gélule Ortie racine Bio ?
210 mg de poudre de racine d'ortie bio, d'origine UE, dans une enveloppe en hydroxypropylméthylcellulose. Le pot contient 200 gélules.
Comment prendre les gélules Ortie racine Bio ?
La fiche indique 2 à 3 gélules par jour pendant les repas, avec un grand verre d'eau.
Qui doit éviter les gélules de racine d'ortie ?
La fiche les déconseille en cas d'insuffisance cardiaque ou rénale œdémateuses et aux femmes enceintes ou allaitantes ; elles sont réservées aux adultes. En cas de traitement, demandez conseil à un professionnel de santé.
Racine et feuille d'ortie, est-ce la même chose ?
Non. Elles viennent de la même plante mais leur composition diffère : la racine contient notamment une lectine, des lignanes et des stérols, la feuille surtout des minéraux, de la chlorophylle et des flavonoïdes.
Comment préparer la racine coupée ?
En décoction : portez la racine à ébullition dans l'eau, laissez frémir quelques minutes, puis reposer avant de filtrer. Suivez les indications de l'emballage.
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Sources
- Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans les compléments alimentaires et les conditions de leur emploi (annexe I)
- Agence européenne des médicaments (EMA), Assessment report on Urtica dioica L.; Urtica urens L., radix (parties botanique et qualité)
- Pharmacopée européenne, monographie « Urticae radix » (01/2022:2538), citée par l'EMA
- Filière des plantes médicinales biologiques du Québec, « Guide de production sous régie biologique : l'ortie dioïque » (2009)
- Filière des plantes médicinales biologiques du Québec, « Documentation d'une technologie simple pour le séchage de plantes médicinales à la ferme » (2008)
- Wikipédia (fr), article « Grande ortie »
- Wikipedia (en), articles « Urtica dioica » et « The Wild Swans »
- Directive 2002/46/CE et décret n° 2006-352 du 20 mars 2006 relatifs aux compléments alimentaires
- Règlement (UE) 2018/848 relatif à la production biologique
- Fiche produit Jolivia « Ortie racine Bio - 200 gélules végétales de 210 mg »
Fiche rédigée par Jolivia à partir des fiches produits et des sources citées, mise à jour en septembre 2026. L'étiquette du produit fait foi pour la composition, le conseil d'utilisation et les précautions d'emploi. Ces informations ne constituent pas un conseil médical.