Mise en gélules (gélules végétales HPMC)
La mise en gélules consiste à doser une poudre dans une petite enveloppe en deux parties, puis à la refermer. Elle sert à présenter des plantes en poudre, des extraits ou des micro-algues sous une forme facile à avaler, au goût masqué et à la dose régulière.
Cette fiche rassemble le principe du remplissage, les étapes de fabrication, les contrôles, les différences avec les autres formes, l'étiquetage et un peu d'histoire.
Les produits Jolivia en gélules
Fiche d'identité
| Critère | Mise en gélules |
|---|
| Famille de procédé | Mise en forme galénique : dosage d'une poudre dans une enveloppe rigide en deux parties |
| Principe physique | Écoulement et tassement contrôlés d'une poudre, remplissage volumétrique d'un corps de gélule, fermeture par emboîtement |
| Matières premières concernées | Plantes en poudre, extraits secs, micro-algues, vitamines et minéraux, mélanges de ces ingrédients |
| Étape de la chaîne | Dernière étape de mise en forme, après le séchage, le broyage ou l'extraction, juste avant le conditionnement |
| Paramètres clés | Densité apparente et granulométrie de la poudre, humidité, taille de gélule, poids de remplissage, cadence, humidité de l'atelier |
| Ce qui est obtenu | Des gélules de poids régulier, prêtes à être mises en pilulier ou en blister |
| Co-produits | Poudre de purge et gélules hors tolérance, écartées du lot |
| Textes de référence | Directive 2002/46/CE et décret 2006-352 (compléments alimentaires), règlement (CE) 1333/2008 (additifs), règlement (UE) 1169/2011 (étiquetage), règlement (CE) 852/2004 (hygiène), Pharmacopée européenne (méthodes d'essai) |
Le principe
Une gélule dure est faite de deux demi-coques cylindriques. La plus longue s'appelle le corps, la plus courte la coiffe. On remplit le corps de poudre, puis on emboîte la coiffe par-dessus. Un petit bourrelet moulé dans les deux pièces verrouille l'ensemble.
L'enveloppe végétale la plus courante est en HPMC, l'hydroxypropylméthylcellulose, aussi appelée hypromellose. C'est une cellulose modifiée, tirée en général de la pulpe de bois ou du coton. Elle porte le numéro d'additif E464. Elle ne contient aucune matière animale, ce qui la distingue de la gélule classique en gélatine.
Le remplissage repose presque toujours sur le volume, pas sur le poids. La machine prélève un volume fixe de poudre et le dépose dans le corps. Le poids obtenu dépend donc de la densité de la poudre. Une poudre légère et aérée remplit la gélule avec peu de matière. Une poudre dense en met davantage dans le même volume.
Les tailles de gélules sont normalisées par un code chiffré, du plus grand au plus petit : 000, 00, 0, 1, 2, 3, 4 et 5. La taille 0 est la plus répandue pour les compléments alimentaires. Son volume tourne autour de 0,68 ml. Selon la densité de la poudre, elle accueille en gros de 300 à 600 mg de matière.
Toute la difficulté tient à la poudre elle-même. Elle doit couler régulièrement, sans former de voûtes ni de mottes. Elle doit aussi se tasser de façon reproductible.
Les étapes, du végétal au produit
1. Réception et contrôle des poudres
Chaque matière arrive avec son certificat d'analyse. On vérifie l'identité botanique, l'aspect, l'odeur, l'humidité et la microbiologie. On contrôle aussi la finesse de la poudre. Une plante broyée trop grossièrement coule mal et remplit mal les petites gélules. Les étapes amont sont décrites dans les fiches séchage des plantes et broyage et micronisation.
2. Tamisage et mélange
La poudre passe sur un tamis pour éliminer les grumeaux et les corps étrangers. Si la formule associe plusieurs ingrédients, on les mélange dans un mélangeur à retournement ou à cuve en V. Le temps de mélange compte : trop court, le mélange reste hétérogène. Trop long, les particules de tailles différentes peuvent se séparer.
Un agent d'écoulement est parfois ajouté en petite quantité, souvent moins de 1 à 2 %. Il s'agit par exemple du dioxyde de silicium (E551) ou du stéarate de magnésium (E470b). Certaines formules les remplacent par de la farine de riz ou par un concentré de riz, qui jouent un rôle voisin.
3. Choix de la taille et essais de remplissage
On mesure la densité apparente et la densité tassée de la poudre. On en déduit le poids qu'une gélule pourra contenir. Si la dose visée ne tient pas dans une taille 0, on passe à la taille 00 ou on répartit la dose sur plusieurs gélules.
4. Remplissage
Trois familles d'équipements coexistent. Les plaques manuelles, pour les petites séries, remplissent quelques dizaines à quelques centaines de gélules à la fois par arasage. Les machines semi-automatiques séparent les gélules et dosent la poudre, un opérateur gérant le passage des plateaux. Les machines automatiques enchaînent tout, à des cadences de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers de gélules par heure.
Sur les machines automatiques, deux systèmes de dosage dominent. Le disque doseur tasse la poudre en plusieurs coups de piston dans des alvéoles. Le dosateur est un tube qui plonge dans un lit de poudre, prélève une « carotte » tassée puis l'éjecte dans le corps de la gélule. Dans les deux cas, on règle la hauteur de poudre et la force de tassement pour atteindre le poids cible.
5. Fermeture
La coiffe est emboîtée sur le corps jusqu'au verrouillage. Les gélules sont ensuite éjectées de la machine.
6. Dépoussiérage et tri
Les gélules passent dans un dépoussiéreur, souvent une brosse ou une vis qui les fait tourner. La poudre collée à l'extérieur est retirée. Une trieuse pondérale peut peser chaque gélule et écarter celles qui sortent de la tolérance.
7. Conditionnement
Les gélules sont comptées puis mises en pilulier, en sachet ou en blister. Le lot reçoit son numéro et sa date de durabilité minimale. La mise en gélules à façon, pour d'autres marques, est présentée sur la page fabrication de gélules.
Paramètres et contrôles qualité
Le poids de remplissage est le premier paramètre surveillé. On prélève des gélules à intervalles réguliers pendant la production. On les pèse pleines, puis vides, pour connaître le poids net de poudre. La Pharmacopée européenne décrit un essai d'uniformité de masse (chapitre 2.9.5) qui sert souvent de référence, même pour les compléments alimentaires. Pour une gélule dont le contenu moyen atteint ou dépasse 300 mg, l'écart toléré est de 7,5 % autour de la moyenne. En dessous de 300 mg, il est de 10 %.
L'humidité joue sur tout. Une poudre trop humide colle aux outils et forme des mottes. Les gélules en HPMC contiennent peu d'eau, de l'ordre de 3 à 7 % selon les fabricants d'enveloppes, contre environ 13 à 16 % pour la gélatine. Elles restent donc souples dans un air sec, là où la gélatine devient cassante. L'atelier est en général maintenu à température et humidité relative contrôlées.
| Contrôle | Ce qu'on vérifie | Ce qui peut rater |
|---|
| Poids de remplissage | Poids net moyen et dispersion | Poudre qui coule mal, dosage irrégulier |
| Aspect | Gélules entières, propres, bien fermées | Coiffes fendues, gélules écrasées, poudre à l'extérieur |
| Désagrégation | Ouverture de l'enveloppe dans l'eau à 37 °C (Pharmacopée européenne, 2.9.1) | Enveloppe trop sèche ou poudre qui forme un bouchon compact |
| Humidité | Teneur en eau de la poudre et des gélules | Mottage, gélules molles ou cassantes |
| Microbiologie | Germes totaux, levures et moisissures, entérobactéries | Poudre végétale contaminée en amont |
| Contaminants | Métaux lourds, résidus de pesticides, mycotoxines selon la matière | Matière première non conforme |
| Identité | Plante ou extrait attendu, par examen ou chromatographie | Confusion d'espèce, substitution |
L'hygiène suit le règlement (CE) 852/2004 et une démarche HACCP. Les dangers principaux sont les corps étrangers, la contamination croisée entre deux poudres, et les allergènes si l'atelier en manipule. Chaque lot garde une trace des matières utilisées, de leurs numéros de lots, des pesées et des contrôles, ce qui permet de remonter la chaîne en cas de besoin.
Ce que le procédé change pour le produit
La mise en gélules ne transforme pas la poudre. Elle ne la chauffe pas et ne la mélange pas à de l'eau. La plante, l'extrait ou la spiruline gardent leur composition. Ce qui change, c'est la façon de les consommer.
Le goût est masqué. Certaines plantes en poudre sont très amères ou très herbacées. D'autres, comme la spiruline, ont un goût marin marqué. L'enveloppe les enferme et évite tout contact avec la langue. C'est souvent la raison principale du choix de cette forme.
La dose est fixe. Chaque gélule contient une quantité connue de poudre, à la tolérance près. On n'a pas besoin de cuillère doseuse ni de balance.
La poudre est mieux protégée. Enfermée dans l'enveloppe puis dans le flacon, elle est moins exposée à l'air, à la lumière et à l'humidité qu'une poudre en vrac ouverte tous les jours. L'enveloppe en HPMC n'est pas totalement étanche pour autant. Le choix du flacon et du bouchon reste important pour la conservation.
La couleur de l'enveloppe peut varier. Les gélules végétales sont souvent transparentes ou blanches. Une gélule transparente laisse voir la couleur de la poudre : vert foncé pour la spiruline, orangé pour le curcuma, brun pour le guarana. Une petite variation de teinte d'un lot à l'autre est normale avec des matières végétales.
Variantes et procédés voisins
La gélule dure n'est qu'une des formes possibles pour une poudre ou un extrait. Le tableau compare les principales.
| Forme | Enveloppe ou liant | Ce qu'on y met | Points forts | Limites |
|---|
| Gélule HPMC | Hypromellose (E464) | Poudres, extraits secs | Aucune matière animale, peu d'eau dans l'enveloppe | Coût plus élevé que la gélatine |
| Gélule de pullulane | Pullulane (E1204), obtenu par fermentation de l'amidon | Poudres | Enveloppe végétale plus imperméable à l'oxygène | Plus chère, moins répandue |
| Gélule de gélatine | Gélatine bovine, porcine ou de poisson | Poudres | Très répandue, bon marché | Origine animale, sensible à la sécheresse |
| Comprimé | Excipients de compression | Poudres compressibles | Dose élevée dans un petit volume, coût bas | Excipients plus nombreux, poudre pressée |
| Capsule molle | Gélatine ou amidon et glycérol | Huiles, liquides | Seule forme adaptée aux huiles | Procédé plus lourd, sensible à la chaleur |
| Poudre en vrac | Aucun | Poudres | Aucun excipient, dose modulable | Goût perceptible, dosage à la cuillère |
En amont, la qualité de la poudre dépend de procédés décrits dans d'autres fiches. Un extrait sec ou un extrait titré est souvent obtenu par atomisation. Une plante entière est séchée puis broyée, parfois par cryobroyage. La spiruline suit sa propre filière, décrite dans la fiche culture de la spiruline.
Étiquette et réglementation
Une gélule de plantes vendue pour compléter l'alimentation est en général un complément alimentaire. Elle relève alors de la directive 2002/46/CE, transposée en France par le décret 2006-352. Les plantes utilisables sont encadrées par l'arrêté du 24 juin 2014. Les produits sont déclarés auprès de l'administration avant leur mise sur le marché.
L'étiquette porte obligatoirement la dénomination « complément alimentaire », le nom des catégories de nutriments ou de substances qui caractérisent le produit, la portion journalière recommandée, un avertissement contre le dépassement de cette dose, la mention indiquant de tenir le produit hors de portée des jeunes enfants, et la mention rappelant qu'un complément ne se substitue pas à un régime alimentaire varié.
L'enveloppe figure dans la liste des ingrédients, comme les autres composants, en application du règlement (UE) 1169/2011. On lit par exemple « enveloppe : hydroxypropylméthylcellulose » ou « gélule végétale (hypromellose) ». Les agents d'écoulement apparaissent avec leur nom ou leur numéro E, conformément au règlement (CE) 1333/2008. Pour un produit bio, l'enveloppe et les additifs doivent figurer parmi ceux que le règlement (UE) 2018/848 et ses actes d'exécution autorisent.
La quantité est souvent exprimée de deux façons : le nombre de gélules et le poids net total. Le tableau d'étiquetage indique aussi la quantité de plante ou d'extrait par portion journalière.
Les mentions « végétarien » ou « végan » ne sont pas définies par un texte européen précis. Elles relèvent de l'information loyale du consommateur. Une gélule en HPMC permet de les envisager, à condition que tous les autres ingrédients s'y prêtent. Les allégations sont strictement encadrées par le règlement (CE) 1924/2006. Cette fiche n'en fait aucune.
Un peu d'histoire
La gélule est une invention française. En 1833 et 1834, le pharmacien parisien François Mothes et son associé Joseph Dublanc déposent un brevet pour une capsule en gélatine. Il s'agit alors d'une capsule d'une seule pièce, destinée à enfermer des préparations liquides au goût désagréable.
En 1846, un autre Parisien, Jules Lehuby, brevète une capsule en deux parties qui s'emboîtent. C'est l'ancêtre direct de la gélule dure actuelle.
La fabrication automatique des enveloppes se développe dans la première moitié du XXe siècle, en particulier aux États-Unis. Les machines de remplissage automatiques suivent.
Les gélules en HPMC apparaissent à la fin des années 1990. Elles répondent à la demande de produits sans matière animale et aux préoccupations liées à la gélatine bovine à cette époque. Elles sont devenues la norme pour une grande partie des compléments à base de plantes.
Idées reçues
« Une gélule végétale, c'est une gélule en plante. » Pas exactement. L'enveloppe est faite d'une cellulose d'origine végétale, mais modifiée chimiquement pour former un film. Elle ne contient ni feuille ni fleur.
« Deux gélules de même taille contiennent le même poids. » Non. Le remplissage se fait au volume. Une poudre dense pèse plus lourd qu'une poudre légère dans la même gélule. C'est pourquoi le poids par gélule varie d'un produit à l'autre.
« Une gélule doit contenir des additifs. » Pas toujours. Beaucoup de poudres végétales se mettent en gélules sans agent d'écoulement. Tout dépend de leur comportement sur la machine.
Questions fréquentes
De quoi est faite une gélule végétale ?
Le plus souvent d'hydroxypropylméthylcellulose, ou hypromellose (E464). C'est une cellulose modifiée, issue de fibres végétales. On trouve aussi des gélules en pullulane, un polysaccharide obtenu par fermentation.
Combien de poudre tient dans une gélule ?
Cela dépend de la taille et de la densité de la poudre. Une taille 0, la plus courante, contient en général entre 300 et 600 mg. L'étiquette indique la quantité réelle par gélule ou par portion.
Peut-on ouvrir une gélule ?
En général oui, la coiffe se retire en tirant doucement. Le contenu peut être mélangé à un aliment. Suivez toutefois le conseil d'utilisation de l'étiquette, qui fait foi.
Les gélules végétales conviennent-elles aux végétariens ?
L'enveloppe en HPMC ne contient aucune matière animale. Pour le produit entier, il faut vérifier l'ensemble de la liste des ingrédients.
Quelle différence entre gélule et comprimé ?
La gélule enferme une poudre libre dans une enveloppe. Le comprimé est une poudre pressée en une masse compacte, souvent avec des excipients de compression. Voir la fiche compression en comprimés.
Pour aller plus loin
Plantes présentées sous forme de poudre : mélisse · aubépine · feuille d'olivier · guarana · pygeum. Procédés liés : broyage et micronisation · extrait sec · extrait titré · culture de la spiruline · compression en comprimés · capsules molles. Service à façon : fabrication de gélules.
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Autres procédés de transformation
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Sources
- Pharmacopée européenne, chapitres 2.9.1 (désagrégation des comprimés et des capsules) et 2.9.5 (uniformité de masse des préparations unidoses), monographie « Capsules ».
- Directive 2002/46/CE du 10 juin 2002 relative aux compléments alimentaires, et décret n° 2006-352 du 20 mars 2006.
- Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans les compléments alimentaires.
- Règlement (CE) n° 1333/2008 sur les additifs alimentaires (E464 hydroxypropylméthylcellulose, E551, E470b, E1204).
- Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires.
- Règlement (CE) n° 852/2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires.
- Aulton M. E., Taylor K. M. G., Aulton's Pharmaceutics: The Design and Manufacture of Medicines, Elsevier, chapitre sur les gélules dures.
- Jones B. E., « The history of the medicinal capsule », dans Podczeck F. et Jones B. E., Pharmaceutical Capsules, Pharmaceutical Press.
Fiche rédigée par Jolivia à partir de la documentation technique et réglementaire citée, mise à jour en septembre 2026. Elle décrit le procédé tel qu'il est pratiqué en général, pas la fabrication d'un produit en particulier. L'étiquette du produit fait foi pour la composition, le conseil d'utilisation et les précautions d'emploi. Ces informations ne constituent pas un conseil médical.