Extrait titré et standardisé
Un extrait titré est un extrait de plante dont la teneur en un constituant de référence est mesurée et garantie. Pour l'obtenir, on extrait, on purifie, on dose puis on ajuste chaque lot. Le procédé apporte de la régularité, au prix d'une composition plus éloignée de la plante.
Cette fiche rassemble le principe du titrage, les étapes de purification, les méthodes d'analyse, les pièges à connaître, la réglementation et l'histoire des extraits standardisés.
Les produits Jolivia issus de ce procédé
Fiche d'identité
| Critère | Extrait titré et standardisé |
|---|
| Famille de procédé | Extraction suivie de purification, d'enrichissement et d'ajustement analytique |
| Principe | Mesurer un constituant de référence dans l'extrait et garantir sa teneur, en enrichissant l'extrait ou en ajustant les lots |
| Matières premières | Plantes sèches : rhizome de curcuma, graines de griffonia, parties aériennes de bacopa, tribulus, résine de boswellia, racine de renouée du Japon, écorce de pin… |
| Étape de la chaîne | Après l'extraction primaire, avant la mise en gélules ou en comprimés |
| Paramètres clés | Choix du marqueur, méthode d'analyse (CLHP, spectrophotométrie, gravimétrie), solvants de purification, rendement, tolérance autour de la teneur annoncée |
| Ce qui est obtenu | Une poudre dont l'étiquette annonce une teneur, par exemple « titré à 95 % de curcuminoïdes » ou « à 25 % de 5-HTP » |
| Co-produits | Fractions écartées lors de la purification, solvants récupérés |
| Textes de référence | Pharmacopée européenne (catégories d'extraits), directive 2009/32/CE, règlement (UE) 2015/2283 (nouveaux aliments), règlement (UE) 231/2012, directive 2002/46/CE, décret 2006-352, arrêté du 24 juin 2014 |
Le principe
Un extrait de plante varie d'un lot à l'autre, comme la plante elle-même : sol, climat, date de récolte et séchage modifient sa composition. Le titrage répond à ce problème. On choisit un constituant ou une famille de constituants caractéristiques, appelés marqueurs, on les mesure, et on garantit leur teneur dans le produit fini.
La Pharmacopée européenne distingue trois catégories. L'extrait standardisé est ajusté à une teneur définie en constituants de référence, dans une tolérance étroite, en ajoutant au besoin un excipient inerte. L'extrait quantifié est ajusté à une fourchette de teneur, en mélangeant des lots d'extrait entre eux. Les autres extraits sont définis surtout par leur procédé de fabrication.
Pour atteindre des teneurs élevées, comme 95 % de curcuminoïdes, il ne suffit pas d'extraire : il faut purifier. On sépare alors le marqueur des autres constituants par des techniques physico-chimiques : partage entre deux solvants, adsorption sur résine, précipitation ou cristallisation. Plus l'extrait est purifié, plus il s'éloigne de la composition de la plante.
Le chiffre annoncé dépend toujours de la méthode d'analyse. La chromatographie liquide à haute performance (CLHP) sépare et dose chaque molécule. La spectrophotométrie UV mesure une absorption globale, qui peut compter d'autres composés proches. La gravimétrie pèse une fraction entière. Une même poudre peut donc afficher des teneurs très différentes selon la méthode.
Les étapes, du végétal au produit
1. Sélection et contrôle de la plante
La plante est choisie pour sa richesse en marqueur. Les lots entrants sont analysés, car une matière première pauvre oblige à purifier davantage ou ne permet pas d'atteindre la teneur visée. L'identité botanique est vérifiée avec soin, car les extraits titrés sont une cible de falsification.
La plante broyée est extraite avec un solvant choisi pour le marqueur : eau ou éthanol pour les composés polaires comme le 5-HTP des graines de griffonia, éthanol pour les bacosides du bacopa ou les saponines du tribulus, solvants peu polaires pour la résine de boswellia ou le curcuma. Pour le curcuma, on obtient d'abord une oléorésine, riche en curcuminoïdes et en huile essentielle. Voir l'extrait sec.
3. Purification et enrichissement
L'extrait brut passe par une ou plusieurs étapes de purification. Sur résine d'adsorption, le liquide traverse une colonne qui retient certaines molécules. On les récupère ensuite avec un autre solvant. Par partage liquide-liquide, on sépare les composés selon leur affinité pour deux solvants qui ne se mélangent pas. Par cristallisation, on refroidit ou on concentre une solution jusqu'à ce que le marqueur forme des cristaux. C'est la voie classique pour obtenir des curcuminoïdes très purs à partir de l'oléorésine.
Pour certaines plantes, le marqueur est présent sous une forme liée. La racine de renouée du Japon contient surtout du polydatin, une forme du resvératrol attachée à un sucre. Une hydrolyse, enzymatique ou par fermentation, libère le resvératrol et augmente sa teneur dans l'extrait.
5. Concentration et séchage
La fraction enrichie est concentrée sous vide, puis séchée par atomisation ou sous vide. Les solvants sont récupérés et recyclés. Les solvants résiduels sont contrôlés.
6. Dosage et ajustement
Le lot est dosé. S'il dépasse la cible, on peut le diluer avec un excipient ou le mélanger avec un lot moins riche pour atteindre la teneur annoncée. S'il est en dessous, il est retravaillé ou déclassé. Un certificat d'analyse accompagne chaque lot, avec la teneur mesurée et la méthode utilisée.
Paramètres et contrôles qualité
| Exemple d'extrait | Marqueur | Méthodes de dosage courantes | Point d'attention |
|---|
| Curcuma titré à 95 % | Curcuminoïdes (curcumine et deux dérivés proches) | CLHP ou spectrophotométrie | Solvants résiduels de la cristallisation |
| Griffonia titré à 25 % | 5-hydroxytryptophane (5-HTP) | CLHP | Pureté du marqueur et impuretés associées |
| Bacopa titré à 20 % | Bacosides | CLHP ou spectrophotométrie | Écart important selon la méthode |
| Tribulus titré à 40 % | Saponines totales | Gravimétrie ou spectrophotométrie | Un chiffre global qui ne dit pas quelles saponines |
| Boswellia | Acides boswelliques | CLHP ou titrage acido-basique | Le titrage compte tous les acides organiques |
| Renouée du Japon | Resvératrol | CLHP | Distinguer resvératrol et polydatin |
| Écorce de pin | Procyanidines | Spectrophotométrie ou CLHP | Méthodes peu comparables entre elles |
Au-delà du marqueur, les contrôles restent ceux de tout extrait : identité, humidité, solvants résiduels, métaux lourds, pesticides, hydrocarbures aromatiques polycycliques, microbiologie. Un enrichissement poussé concentre aussi les contaminants qui suivent le marqueur, d'où l'importance de la matière première.
La falsification est un risque connu du secteur. Un extrait peut être « renforcé » par une molécule de synthèse ou un colorant pour atteindre le chiffre annoncé en spectrophotométrie. Les laboratoires sérieux combinent donc plusieurs méthodes : empreinte chromatographique, CLHP spécifique, parfois analyse isotopique.
Ce que le procédé change pour le produit
Le titrage donne une information chiffrée et reproductible d'un lot à l'autre. Pour le fabricant, c'est un outil de régularité. Pour le consommateur, c'est un repère, à condition de connaître la méthode d'analyse.
La purification change l'aspect et le goût. Les curcuminoïdes à 95 % forment une poudre orange vif, très peu soluble dans l'eau et sans l'odeur épicée du rhizome, car l'huile essentielle a été écartée. Un extrait de griffonia est une poudre beige à brune. Un extrait de pin est brun rouge et astringent.
Plus un extrait est purifié, moins il contient les autres constituants de la plante. Un extrait titré n'est donc pas « la plante en plus fort » : c'est une fraction choisie de la plante, mise en avant par le procédé.
Enfin, la petite quantité nécessaire permet des gélules de taille raisonnable. Voir la mise en gélules.
Variantes et procédés voisins
| Type d'extrait | Ce qui est garanti | Procédé | Proximité avec la plante |
|---|
| Poudre de plante | Rien de chiffré, sauf contrôles | Séchage et broyage | Totale |
| Extrait sec simple | Rapport d'extraction (ex. 10:1) | Extraction, concentration, séchage | Forte |
| Extrait quantifié | Fourchette de teneur | Mélange de lots | Forte |
| Extrait standardisé ou titré | Teneur minimale ou exacte en marqueur | Purification et ajustement | Moyenne à faible selon la teneur |
| Molécule isolée | Pureté proche de 100 % | Purification poussée ou synthèse | Faible |
| Extrait lipophile | Souvent teneur en acides gras | CO2 supercritique ou solvant | Fraction grasse, voir l'extraction au CO2 |
Pour des plantes voisines présentées sous forme sèche, voir la renouée du Japon, le sabal ou le pygeum.
Étiquette et réglementation
Un extrait titré vendu en complément alimentaire suit la directive 2002/46/CE et le décret 2006-352. La plante doit figurer dans l'arrêté du 24 juin 2014, parfois avec des conditions sur la partie utilisée ou des avertissements. L'étiquette indique la quantité d'extrait par portion journalière et, souvent, la quantité de marqueur correspondante. Ces valeurs doivent correspondre au produit tout au long de sa durée de vie.
Un point réglementaire important : un extrait très enrichi, obtenu par un procédé qui modifie nettement la composition par rapport aux usages connus, peut relever du règlement (UE) 2015/2283 sur les nouveaux aliments. Il doit alors être autorisé avant sa mise sur le marché. L'examen se fait au cas par cas.
Les solvants de purification doivent être autorisés et leurs résidus limités, selon la directive 2009/32/CE. La curcumine utilisée comme colorant alimentaire (E 100) répond en outre à des spécifications de pureté fixées par le règlement (UE) 231/2012. Les mentions liées aux effets du produit sont strictement encadrées par le droit européen.
En bio, les techniques de purification et les solvants sont limités par le règlement (UE) 2018/848. Les extraits très purifiés sont donc rarement disponibles en qualité biologique.
Un peu d'histoire
Le titrage vient de la pharmacie. Au XIXe siècle, les chimistes isolent les premiers constituants purs des plantes et apprennent à les doser. Les pharmacopées imposent alors des teneurs minimales pour certaines préparations, afin de rendre leur composition plus régulière.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, la chromatographie liquide à haute performance rend possible le dosage précis de molécules complexes. Les extraits standardisés se développent en Europe, puis dans le monde entier avec l'essor des compléments alimentaires.
Idées reçues
« Un extrait titré à 95 % est 95 % de la plante. » Le chiffre désigne la part du marqueur dans la poudre, pas une proportion de plante.
« Deux extraits titrés au même chiffre sont identiques. » Si les méthodes d'analyse diffèrent, les teneurs réelles peuvent être très éloignées.
« Plus le titre est élevé, meilleur est le produit. » Un titre élevé traduit une purification poussée. C'est un choix de fabrication, qui écarte d'autres constituants de la plante.
Questions fréquentes
Que veut dire « titré » ?
Le fabricant garantit une teneur en un constituant de référence, mesurée par une méthode d'analyse précise.
Quelle différence entre titré, standardisé et quantifié ?
Dans le langage courant, titré et standardisé sont souvent synonymes. La Pharmacopée européenne distingue l'extrait standardisé, ajusté à une teneur précise, et l'extrait quantifié, ajusté à une fourchette par mélange de lots.
Pourquoi la méthode d'analyse compte-t-elle ?
Une méthode globale comme la spectrophotométrie peut compter des composés voisins. La CLHP dose des molécules précises. Les résultats peuvent donc varier sensiblement.
Comment obtient-on 95 % de curcuminoïdes ?
On extrait d'abord une oléorésine du rhizome, puis on isole les curcuminoïdes, le plus souvent par cristallisation.
Un extrait titré est-il plus naturel qu'une molécule de synthèse ?
Il provient d'une plante, mais sa composition est façonnée par la purification. L'étiquette et le certificat d'analyse renseignent sur l'origine.
Existe-t-il des extraits titrés bio ?
Oui, mais plus rarement, car les solvants et techniques de purification admis en bio sont limités.
Pour aller plus loin
Plantes liées : la renouée du Japon · le sabal · le pygeum · le ginkgo biloba. Procédés voisins : l'extrait sec · l'extraction au CO2 supercritique · l'atomisation · la compression en comprimés. Service : fabrication de gélules à façon.
Tous les procédés de transformation des plantes · Tous nos ingrédients, par famille
Autres procédés de transformation
Tri, nettoyage et lavage Décorticage Fermentation du cacao Préparation de la vanille Préparation du café vert Thé vert Thé noir Thé blanc Matcha Rooibos Aromatisation du thé Séchage des plantes Séchage des fruits Atomisation Lyophilisation Coupe et concassage Broyage et micronisation Cryobroyage Mouture des farines Torréfaction Cuisson des confitures et caramels Évaporation de la sève Pasteurisation et stérilisation Pression à froid des huiles Pressage et jus concentrés Gel d'aloe vera Pressage du cacao Beurre de karité Infusion et décoction Teinture mère Macérat de bourgeons Macération des fruits dans l'alcool Extrait sec Extraction au CO2 supercritique Distillation à la vapeur Expression des zestes Vinaigre Levure de bière Levure de riz rouge Spiruline Chlorella Champignons Moutarde Xylitol Érythritol Maltodextrine Lécithine de tournesol Charbon végétal activé Mise en gélules Comprimés Capsules molles Liposomes Chocolat Pâtes à tartiner Pâtes artisanales Savon surgras
Tous les procédés de transformation des plantes · Tous nos ingrédients, par famille
Sources
- Pharmacopée européenne, monographie générale « Extraits de drogues végétales » (0765) : extraits standardisés, quantifiés et autres.
- Règlement (UE) 2015/2283 du 25 novembre 2015 relatif aux nouveaux aliments.
- Directive 2009/32/CE relative aux solvants d'extraction utilisés dans la fabrication des denrées alimentaires.
- Règlement (UE) 231/2012 établissant les spécifications des additifs alimentaires (E 100, curcumine).
- Directive 2002/46/CE, décret n° 2006-352 et arrêté du 24 juin 2014 relatifs aux compléments alimentaires.
- Agence européenne des médicaments (EMA), lignes directrices sur la qualité des substances et préparations végétales.
- American Botanical Council, Botanical Adulterants Prevention Program, bulletins sur la falsification des extraits.
Fiche rédigée par Jolivia à partir de la documentation technique et réglementaire citée, mise à jour en septembre 2026. Elle décrit le procédé tel qu'il est pratiqué en général, pas la fabrication d'un produit en particulier. L'étiquette du produit fait foi pour la composition, le conseil d'utilisation et les précautions d'emploi. Ces informations ne constituent pas un conseil médical.