Capsules molles (huiles en capsules)

La capsule molle est une petite enveloppe souple, d'une seule pièce, qui renferme un liquide. C'est la forme la plus courante pour présenter une huile végétale à avaler : elle en fixe la dose, en masque le goût et la protège de l'air.

Cette fiche rassemble le principe de l'encapsulation, les étapes de fabrication, les contrôles, les variantes, l'étiquetage et l'histoire de cette forme née à Paris.

Les produits Jolivia en capsules

Fiche d'identité

CritèreCapsules molles
Famille de procédéMise en forme galénique : encapsulation d'un liquide dans une enveloppe souple d'une seule pièce
Principe physiqueFormation d'un gel, découpe et soudure de deux films à chaud, puis séchage lent de l'enveloppe
Matières premières concernéesHuiles végétales (onagre, bourrache, pépins de courge, lin…), huiles de poisson, suspensions huileuses
Étape de la chaîneMise en forme finale, après le pressage et le raffinage éventuel de l'huile
Paramètres clésTempérature de la masse de gel et du liquide, épaisseur du film, humidité et durée du séchage, protection contre l'oxygène
Ce qui est obtenuDes capsules étanches, souples, contenant une dose fixe d'huile
Co-produitsLe « filet » de gel restant après découpe, souvent en grande partie non réutilisable
Textes de référenceDirective 2002/46/CE et décret 2006-352, règlement (UE) 1169/2011, règlement (CE) 1333/2008, règlement (CE) 852/2004, Pharmacopée européenne (monographie « Capsules »), règlement (UE) 2023/915 (contaminants)

Le principe

Une capsule molle est une petite poche fermée, d'une seule pièce, remplie d'un liquide. Contrairement à la gélule dure, elle ne s'ouvre pas. Elle est formée et remplie dans le même geste.

L'enveloppe est un gel. On l'obtient le plus souvent à partir de gélatine, d'eau et d'un plastifiant comme le glycérol ou le sorbitol. Le plastifiant garde l'enveloppe souple une fois sèche. Il existe aussi des enveloppes sans matière animale, à base d'amidon modifié et de carraghénanes, un extrait d'algues rouges.

Le contenu doit être compatible avec l'enveloppe. Les huiles végétales conviennent très bien : elles ne dissolvent pas la gélatine et contiennent très peu d'eau. C'est pourquoi la capsule molle est la forme la plus répandue pour présenter une huile à avaler. Un liquide riche en eau, lui, ramollirait l'enveloppe.

L'autre enjeu est l'oxydation. Les huiles d'onagre, de bourrache ou de lin sont riches en acides gras polyinsaturés. Ces molécules réagissent avec l'oxygène de l'air et produisent des composés à l'odeur de rance. L'enveloppe, peu perméable à l'oxygène une fois sèche, limite ce contact.

Les étapes, du végétal au produit

1. Obtention et contrôle de l'huile

L'huile provient des graines. Une huile vendue comme vierge est obtenue par pression mécanique, sans solvant, puis filtrée. Ce procédé est détaillé dans la fiche pression à froid. À réception, on contrôle l'identité de l'huile par sa composition en acides gras, son indice de peroxyde, son acidité et ses contaminants.

2. Préparation du contenu

L'huile est pesée et parfois mélangée. On y ajoute souvent des tocophérols, c'est-à-dire de la vitamine E, pour la protéger de l'oxydation. Le mélange est désaéré et gardé sous azote, un gaz neutre qui chasse l'oxygène.

3. Préparation de la masse de gel

La gélatine, l'eau et le plastifiant sont chauffés et mélangés sous vide dans un fondoir. On obtient une masse fluide et sans bulles, maintenue autour de 55 à 65 °C. Un colorant ou un opacifiant peut y être ajouté.

4. Encapsulation sur matrices rotatives

La masse de gel est coulée sur deux tambours refroidis. Elle forme deux rubans réguliers, épais de moins d'un millimètre. Les deux rubans passent entre deux cylindres gravés d'alvéoles, les matrices, qui tournent l'un vers l'autre.

Au point de contact, une pompe injecte une dose précise d'huile entre les deux rubans. La pression du liquide gonfle le gel dans les alvéoles. Les matrices soudent alors les bords à chaud, vers 37 à 40 °C, et découpent la capsule. Le reste des rubans, le filet, est évacué.

5. Séchage

À la sortie, les capsules sont molles et collantes. Elles contiennent encore beaucoup d'eau. Un premier séchage dans des tambours rotatifs perforés, sous air frais, leur donne leur forme. Elles sont ensuite étalées sur des plateaux dans des tunnels où l'air est sec, souvent à 20 à 30 % d'humidité relative. Ce séchage dure en général de un à plusieurs jours. L'eau de l'enveloppe descend alors à un niveau bas, souvent autour de 6 à 10 %, et la capsule durcit.

6. Lavage, tri et inspection

Les capsules sont parfois lavées pour retirer le lubrifiant de fabrication. On les trie par calibre, puis on écarte les capsules déformées, les doublons collés, celles qui présentent une bulle d'air ou une fuite.

7. Conditionnement

Les capsules sont mises en flacon ou en blister, idéalement opaques. Le flacon peut être rempli d'azote avant fermeture. Le lot reçoit son numéro et sa date de durabilité minimale.

Paramètres et contrôles qualité

La qualité d'une capsule molle tient à la fois à l'enveloppe et au contenu. Les contrôles portent sur les deux.

ContrôleCe qu'on mesurePourquoi
Poids du contenuMasse d'huile par capsule, après ouverture et rinçageRégularité de la dose
Épaisseur et soudureÉpaisseur du film, solidité de la jointureÉviter les fuites
DuretéRésistance à l'écrasementSuivre le séchage
DésagrégationOuverture dans l'eau à 37 °C (Pharmacopée européenne)Vérifier que l'enveloppe se dissout
Indice de peroxydeProduits d'oxydation primaires de l'huileSuivre la fraîcheur
Indice d'anisidineProduits d'oxydation secondairesCompléter l'indice de peroxyde
Profil d'acides grasChromatographie en phase gazeuseIdentité de l'huile, détection des mélanges
ContaminantsHydrocarbures aromatiques polycycliques, métaux, résidus de pesticides selon l'huileConformité réglementaire

Plusieurs défauts peuvent survenir. Une soudure mal faite laisse fuir l'huile, et les capsules voisines deviennent grasses et collantes. Un séchage insuffisant donne des capsules molles qui se déforment. Un séchage trop poussé les rend cassantes. Avec le temps, une enveloppe en gélatine peut aussi « réticuler » : elle se dissout moins bien. La chaleur et l'humidité accélèrent ce phénomène.

Pour les huiles, les teneurs maximales en contaminants sont fixées par le règlement (UE) 2023/915, qui a remplacé le règlement (CE) 1881/2006. Le plan HACCP exigé par le règlement (CE) 852/2004 traite en particulier la température du gel, la propreté des matrices et l'exposition de l'huile à l'air. La traçabilité relie chaque lot de capsules au lot d'huile et au lot de gélatine utilisés.

Ce que le procédé change pour le produit

La capsule molle ne modifie pas l'huile. Elle ne la chauffe que très peu, à des températures voisines de celle du corps humain. L'huile garde sa composition.

Le goût est masqué. Les huiles d'onagre ou de bourrache ont un goût marqué, parfois peu agréable pris à la cuillère. Dans une capsule, elles ne touchent pas la langue.

La dose est fixe. Chaque capsule contient une quantité connue d'huile, en général de quelques centaines de milligrammes à un gramme selon la taille.

La conservation est meilleure qu'en flacon ouvert. Chaque dose reste isolée de l'air jusqu'à son ouverture. L'huile en bouteille, elle, s'oxyde un peu plus à chaque ouverture. La capsule n'est pas pour autant éternelle : la chaleur et la lumière restent ses ennemies.

L'aspect dépend de l'enveloppe. Une capsule transparente laisse voir la couleur de l'huile : jaune pâle pour l'onagre ou la bourrache, jaune doré pour le lin, vert sombre à brun pour les pépins de courge. Une enveloppe colorée ou opaque la protège davantage de la lumière.

Variantes et procédés voisins

Plusieurs formes permettent de présenter une huile ou un liquide. Le tableau les compare.

FormeEnveloppeContenuParticularité
Capsule molle en gélatineGélatine bovine, porcine ou de poisson, glycérolHuiles, suspensionsForme la plus répandue, bonne étanchéité
Capsule molle végétaleAmidon modifié, carraghénanes, glycérolHuilesSans matière animale, procédé plus délicat
Capsule sans soudureGel formé par coextrusion goutte à goutteHuiles, arômesPetites perles rondes, sans jointure
Gélule dure scelléeHPMC ou gélatine, bande de scellementLiquidesAlternative plus rare
LiposomesPhospholipidesSubstances dispersées dans l'eauAutre principe d'encapsulation
Huile en flaconAucuneHuileDose modulable, goût perceptible

Pour les poudres, les formes voisines sont la mise en gélules et la compression en comprimés. En amont, l'huile peut aussi être obtenue par extraction au CO₂ supercritique.

Étiquette et réglementation

Une huile en capsules vendue pour compléter l'alimentation est en général un complément alimentaire. Elle relève de la directive 2002/46/CE et du décret 2006-352. L'étiquette porte donc la dénomination « complément alimentaire », la portion journalière recommandée, l'avertissement de ne pas la dépasser, la mention de tenir hors de portée des jeunes enfants et le rappel qu'un complément ne remplace pas une alimentation variée.

Les ingrédients de l'enveloppe figurent dans la liste, selon le règlement (UE) 1169/2011. On lit par exemple « huile d'onagre, gélatine, humectant : glycérol ». Le glycérol porte le numéro E422, le sorbitol E420. Les tocophérols ajoutés apparaissent sous leur nom ou leur numéro E306 à E309, conformément au règlement (CE) 1333/2008.

L'origine animale de la gélatine peut être précisée, par exemple « gélatine bovine » ou « gélatine de poisson ». La gélatine de poisson relève des règles sur les allergènes de l'annexe II du règlement (UE) 1169/2011, qui prévoit des exceptions précises. Une capsule végétale permet d'envisager une mention « végétarien » ou « végan », sous réserve de l'ensemble de la composition.

L'étiquette indique souvent la quantité d'huile par capsule et la composition en acides gras, par exemple la teneur en acide gamma-linolénique pour l'onagre et la bourrache. En bio, l'huile doit être certifiée selon le règlement (UE) 2018/848, et l'enveloppe doit respecter les règles de ce texte. Les allégations sont encadrées par le règlement (CE) 1924/2006. Cette fiche n'en fait aucune.

Un peu d'histoire

La capsule molle est la plus ancienne des capsules. En 1833 et 1834, le pharmacien parisien François Mothes et Joseph Dublanc brevètent une capsule de gélatine d'une seule pièce. Elle sert à enfermer des baumes et des huiles au goût très désagréable, alors difficiles à faire avaler.

Pendant un siècle, ces capsules sont formées à la main ou avec des moules à plaques. Le rendement est faible et les doses irrégulières.

Au début des années 1930, aux États-Unis, un inventeur met au point la machine à matrices rotatives décrite plus haut. Elle forme, remplit et soude les capsules en continu, avec une dose précise. Ce principe reste la base des machines actuelles.

L'huile d'onagre en capsules se répand en Europe à partir des années 1980, suivie par l'huile de bourrache. Les enveloppes végétales à base d'amidon et de carraghénanes se développent dans les années 2000, en réponse à la demande de produits sans matière animale.

Idées reçues

« Une capsule molle est toujours en gélatine. » Non. Il existe des capsules végétales, à base d'amidon et d'algues. La liste des ingrédients précise la nature de l'enveloppe.

« L'huile est chauffée pour être mise en capsule. » Très peu. Le contenu est injecté à température modérée. C'est l'enveloppe qui est travaillée à chaud, puis refroidie.

« Une capsule ne peut pas rancir. » Si, lentement. L'enveloppe freine l'oxydation, mais la chaleur et la lumière la favorisent. Une odeur de rance à l'ouverture du flacon est un signal à prendre au sérieux.

Questions fréquentes

Pourquoi les huiles sont-elles souvent vendues en capsules ?

Parce que la capsule masque le goût, fixe la dose et limite le contact de l'huile avec l'air à chaque prise.

De quoi est faite l'enveloppe ?

Le plus souvent de gélatine, d'eau et de glycérol. Les capsules végétales utilisent de l'amidon modifié et des carraghénanes. La liste des ingrédients le précise.

Pourquoi mes capsules collent-elles entre elles ?

Elles ont pu prendre la chaleur ou l'humidité, ou une capsule a fui. Gardez le flacon au frais et au sec, bien fermé.

Faut-il conserver les capsules au réfrigérateur ?

Ce n'est pas toujours nécessaire. Suivez les conditions indiquées sur l'étiquette. Dans tous les cas, évitez la chaleur et la lumière.

Peut-on percer une capsule ?

C'est possible avec une aiguille, pour verser l'huile. Le conseil d'utilisation de l'étiquette reste la référence.

Qu'est-ce que l'indice de peroxyde ?

Une mesure des premiers produits d'oxydation d'une huile. Plus il est bas, plus l'huile est fraîche.

Pourquoi ajoute-t-on de la vitamine E ?

Pour protéger l'huile de l'oxygène pendant la fabrication et la conservation. Elle est déclarée dans la liste des ingrédients.

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Sources

  • Pharmacopée européenne, monographie « Capsules » (capsules molles) et chapitre 2.9.1 (désagrégation).
  • Directive 2002/46/CE relative aux compléments alimentaires et décret n° 2006-352 du 20 mars 2006.
  • Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires, annexe II (allergènes).
  • Règlement (CE) n° 1333/2008 sur les additifs alimentaires (E306 à E309, E407, E420, E422).
  • Règlement (UE) 2023/915 concernant les teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires.
  • Codex Alimentarius, norme pour les huiles végétales portant un nom spécifique (CXS 210-1999).
  • Podczeck F., Jones B. E., Pharmaceutical Capsules, Pharmaceutical Press, chapitre sur les capsules molles.

Fiche rédigée par Jolivia à partir de la documentation technique et réglementaire citée, mise à jour en septembre 2026. Elle décrit le procédé tel qu'il est pratiqué en général, pas la fabrication d'un produit en particulier. L'étiquette du produit fait foi pour la composition, le conseil d'utilisation et les précautions d'emploi. Ces informations ne constituent pas un conseil médical.


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